I : L'INTERACTION

 

(en construction, dernière mise à jour 11-04-07)

 

Comprendre une chronologie dans le foisonnement d'interactions, voir la chronologie (cf. HISTO)

J'ai bien peur que cette affaire soit ésotérique dans le sens étymologique, c'est à dire réservée aux spécialistes confrontés de longue date à la question ummite où qui sont au coeur de l'affaire. Il y a eu une monté progressive de la polémique et cela culmina par un choc culturel avec la lettre du 18 janvier. Ensuite une concordance d'événements en explique la portée.

 

A la sortie du livre de Jean Pollion (JP), « Ummo de vrais extraterrestres », il y avait le souhait d'une reprise de contact. Quelques chercheurs familiarisés avec le dossier espéraient reprendre le travail en incitant les expéditeurs à diffuser d'autres documents. L'enthousiasme que généra le livre fut alors vécu comme une aubaine. Jean-Pierre Petit (JPP) en a fait la publicité dans son site et intégra même une annexe sur la découverte de JP sur le langage ummite dans son livre « Ovni et armes secrète américaines ».

 

L'ambition du livre de JP ainsi que les critiques qui suivirent au sein de la communauté ovniste l’incitèrent en compagnie d’André-Jacque Holbecq (AJH) à ouvrir un espace de recherche scientifique dédié aux lettres ummites. Cela se manifesta par la création du site ummo.sciences et de sa liste de diffusion associée (mailing list).

 

A l’occasion de la création de cette la liste, SBF se manifesta de manière anodine et d'après mon souvenir cela commença en été 2002, avec un ou deux messages par mois et le nombre d’intervention augmenta progressivement au fil des débats. On remarqua alors son souhait de faire participer d'autres participants afin d'élargir la réflexion sur des problèmes connexes.

 

Durant l'affaire SBF, (communication en direction de la liste et échanges privés avec les protagonistes pris individuellement ou en groupe) nous retrouvons appliqués les objectifs ummites, la sémiologie utilisée est compatible tant au niveau du champ lexical que des concepts scientifiques. En parallèle de l’affaire nous constatons un effort didactique qui porte les traits d’une mise en garde insistante et réitérée en direction de thèmes précis. Des échanges informels ont confirmé cette liaison étroite entre objectifs et motivations donnant des arguments scientifiques dans un style apparenté au corpus de documents déjà disponible.

 

Ce qui à un premier temps déstabilisé lors de la diffusion du document du « 18 janvier » qui porte le titre « Cela peut être utile à tout le monde », c'était l’absence de marqueurs sémiotiques connus dans la tradition des précédents échanges avec la source ummites. La désinvolture apparente ne faisant que troubler les différents interlocuteurs de SBF. Aucunes revendications n’étaient proclamées, aucun souhait pour lui-même, comme s’il ne faisait que passer un message. Qu’est-ce que cela signifiait ?

 

Le premier conflit d'importance portait là-dessus, au lieu d'étudier les apports, quelques spécialistes et gestionnaires ont débattu sur l'absence de signature. Le plus grand trouble naissait de l’incertitude sur l’identité et la motivation de l’expéditeur. Cela semblait révéler d'une mise à l'épreuve insupportable qui n'entrait dans aucunes catégories de jugements et d’analyse. Cela sortait véritablement des habitudes. Les pires comportements se manifestèrent, de la diffamation, des dénonciations, de la propagande de bas niveau sur l’identité probable de SBF, tout cela sans aucun fondement rationnel. Il se vit cataloguer de diverses étiquettes temporaires, tour à tour on le désigna comme un étudiant d’une université, d’imposteur, de contacté de dernière minute, et je ne sais quoi d’autres. SBF n’avait rien revendiqué et a toujours refusé d’exposer l’origine du document, il fit remarqué qu’il respectait scrupuleusement la politique de gestion de la liste de diffusion ainsi que la charte ummo.sciences.

 

En sorte d'ultimatum les gestionnaires ont clairement affirmé leur confiance vis-à-vis de leur protocole de vérification des marqueurs linguistiques et des signatures. C'était sur un de ces points que SBF se focalisa, débat très intéressant puisque lui même dans une sorte de constat expliqua pourquoi ce genre de démarche était périlleuse dans le cas d'un échange informel et public et qu'il fallait plutôt travailler sur des outils cognitifs et des méthodes pour récolter des données d'où quelles viennent (réflexions sur un apport manifeste) afin de prendre le recul émotionnel (détachement affectif/indifférence) et travailler ensuite sur un corpus plus étendu et compatible avec les concepts initialement admis comme se référant à l'épistémologie ummite. Ce qui a soulevé un débat difficile et entraîna des divergences de gestion, des querelles personnelles et sociopolitiques et finalement une scission, une perte de confiance de quelques membres envers l'autorité gestionnaire. La première charte fut alors dénoncée et une nouvelle charte mise en application immédiatement avec l’interdiction de publier directement un contenu « sensible » sans en référer au comité consultatif seul habilité à statuer sur l’importance du document pour lui apposé un sceau d’authenticité. Avec le recul on peut s'étonner de cela mais l'analyse des conversations aussi bien publiques et privées reflétait bien une situation difficile. Une intense guerre psychologie se déroula pendant cette période et culmina par le clash entre divers groupes de recherche. Se rappeler par exemple des déclarations de JPP, de la nouvelle inspirée de l'affaire intitulé « L'année du contact » et de ses motivations pour la création de son site ummo.files.

 

A l’époque, sur la liste ummo.sciences il y avait un réel désir de contrôler la diffusion de documents en prévenance d'une source d'information  non identifiée, qui pouvait être d'origine ummite mais qui ne souhait pas le revendiquer. Se rappeler de l’appel aux destinataires, de la polémique sur les signatures et le copyright. Il y avait donc des règles à respecter, des usages codifiés et des habitudes non formalisées. Contourner ces allants de soi de manière rationnelle en mettant à l’épreuve des failles intellectuelles revenait à faire un acte de subversion. Les bonnes intentions affichées au départ par les membres entraient en contradictoire avec la démarche de recherche organisée, en effet si l’objectif affiché était la collecte de documents et de ressources pour l’aide à l’analyse, le débat interne ne pouvait se faire dans des conditions sereine. Une situation paradoxale qui engendra des comportements ubuesques comme la modification à la volée de la charte et une modification du comité scientifique consultatif. Ce n'était que le début de controverse qui se complexifia ensuite de bien des façons : contestations sur les preuves nécessaire à la validation des sources, manifestation de faussaires, problème du copyright, postures d’autorité inconciliable avec un débat contradictoire, conflits sur les méthodes d'interpretations.

 

Existe-t-il un apport concret de l’affaire SBF / Ummo, quel est l’intérêt d’étudier encore ce cas ? Il apparaît que la situation considérée dans sa globalité est un véritable problème théorique et pratique qui mérite un examen sérieux.  Lors des échanges avec SBF, les diverses directives informelles ainsi que les pistes énumérées font état d’un pouvoir exécutif bicéphale, d’un coté il s’échine à soulever un problème et de l'autre il ouvre des pistes pour la création d’outils de résolution, dans les deux cas il provoque le débat et heurte le sens commun. Une situation intolérable émotionnellement parlant qui n’a pas duré et qui semble t-il a été volontairement abrégé par SBF (apparition et disparition sans compromission et sans négociations dans l’espace d’échange établie).

 

Durant le laps de temps de ses interventions à la fois sur la liste et par l’échange informel privé, il développa un style littéraire bizarre dont la justification et d’étudier in situ la méta communication (l'autoréférence dans la communication) et il ne se gène par pour faire des démonstrations ad hoc. Toutes ses manœuvres sont fonctionnelles, polyvalentes avec des conséquences pragmatiques qui touchent simultanément différents niveaux de compréhension. Ce sont ces rebondissements qui expliquent la difficulté d’analyse du phénomène.

 

Quel est l'ordre caché derrière tout cela ? Ce que j’ai appelé « le making off » dans mes précédentes réponses aux courriers des lecteurs. SBF évoque cette notion d’interface protocolaire dans la phénoménologie ummite qui masque une réalité d'ordre multiple, comme si ce qui est décrit dans les textes, la description du contexte de production des documents (ordre implicite) pourrait fort bien être différent de ce qui est décrit et exploité. Ce qui n'est pas contradictoire mais constituerait une projection adaptée aux perceptions et à l'entendement des destinataires (ordre explicite). On retrouve souvent des avertissements dans les lettres ummites originales y faisant référence de manière anodine, avec la célèbre citation « ne nous croyez pas ». Nous retrouvons une divergence quant à son interprétation, certains lui porte un caractère décrédibilisant pour justifier le double flux information/désinformation dans la communication, d’autre encore s’en servent pour justifier une position non univoque dans l’interprétation, plus rarement encore une référence épistémologique , une intervention alliant positivisme logique et nominalisme. Une citation qui postulerait l’impossibilité d’un formalisme objectif et la nécessité de réduire une description comme une approximation limitée dans un espace temps (critère d’objectivité très formalisés dont les inférences logiques sont commentées) et qui ne peut se faire sans référence à un observateur qui en validera ensuite l’incomplétude et donnera l’opportunité d’une post-analyse ultérieure.

 

Si les auteurs reconnaissent que les documents peuvent servir à étayer des exercices de communication, des expérimentations neuropsychologiques et anthropologiques. Ils y glissent des annexes et des grilles d’interprétations pour marquer une origine commune dans un contexte de diffusion limitée, on appelle cela des marqueurs linguistiques. Lorsque ces mêmes marqueurs sont éliminés volontairement avec des signes évidents d’interpellation, cela constitue une provocation pour une communauté qui a fait l’effort d’obéir aux premières injonctions. Manipulation, désinformation, communication validée par des marqueurs et des preuves matérielles, retournement de situations de dernière minute sont le lot quotidien du dossier ummo. Ne serait-ce pas un exercice pour mettre à l’épreuve le doute constructif et sonder le fondement de ses propres croyances ? Ou bien pour mettre à l’épreuve et voir en situation l’effet des ajustements cognitifs personnels sur le déroulement de l’exploration du dossier ? Ce qui revient à étudier des communautés de recherche toujours hétérogènes ou des groupes de destinataires éparpillés.

On démontre aisément que l'activité humaine est par défaut ethnocentrique, elle reconnaît difficilement l’impact des convictions premières, les croyances fondamentales sur la chaîne inductive, celle qui permet de gérer la vie au quotidien. C’est tout à fait normal, la prise de recul n’est pas naturelle, elle exige l’acquisition d’un autre référentiel cognitif. Ce constat est souvent accepté tel quel, c’est un allant de soi. Lorsqu’un scientifique étudiant le corpus ummo, se déclare objectif et sans croyances. Il émet alors un avis sur une position culturelle intenable car le long de son investigation, il se fera une opinion qui peut varier, mais cette opinion fait office de levier sur l’édifice cognitif et par rétroaction (reflexivité) elle influence toute les procédures de pensées courantes. On constate ainsi que le raisonnement de sens commun perturbe le raisonnement scientifique. Ces deux éléments sont intimement liés, il est malhonnête de prétendre le contraire. Pour exemple, on trouvera dans la littérature judiciaire et policière bon nombre d’exemples qui commentent cela. Des scandales et de profondes injustices ont été perpétrés en toute bonne foi, ne laissant aucune place au doute, pourtant une contre enquête démontrera à quel moment un élément a été négligé et non remarqué.

Lorsque les comportements trahissent les parti pris, c’est aussi intéressant que de comparer ce qui se produit en science lorsqu’une position théorique est indécidable où lorsque l'on recherche un nouveau cadre paradigmatique. S’il y a pas de modèle pour coller à la description du réel, la tentation de replie sur les anciennes idées se comprend. Ce n’est pourtant pas une démarche scientifique mais un réflexe de protection, voir de survie lorsque la crise des connaissances est majeure.

La posture intellectuelle favorisé par l’intervention de SBF en autoréférence au corpus ummo, est celle d’une mise en perspective de l'observateur en situation de dialogue avec un flux d’information inconnu, avec comme arrière plan cognitif une mise en retrait pour se percevoir dans la complexité environnementale, celle d’un acteur social participant au progrès de l’humanité.

Gagner en objectivité semble plus important que tout, se referez constamment à des faits et des analyses, permet de se forger une opinion. C’est ce processus qui est mis exergue, décortiqué à la loupe. La certitude fondée sur des probabilités dénote autant les opinions que les croyances. Il y a en effet un système de croyance (proche du savoir 0) avec lequel on bien obligé de fonctionner, et ensuite nous trouvons différents paliers cognitif  (constitutif de la conscience) et qui ne sont pas pris en compte, ce sont les évidences indémontrables, les allants de soi, les axiomes que l’on considère comme vrais sans même y  réfléchir à deux fois. C’est là que nous retrouvons la problématique du sens commun (voir lettre du 18 janvier et la référence au corpus ummite)

Pourquoi faire un tel effort d'analyse? Pour retrouver cette honnêteté lorsque l'on décrit sa propre position intellectuelle ainsi que les événements qui l’ont influencé. Décrire son propre parcours, son cheminement intérieur est une manière de révéler les mécanismes qui ont fait basculer son propre jugement. On place le doute comme mécanisme de vérification. Trop impliqué on n’a pas la capacité de retrait pour comprendre la complexité, on a besoin d’un autre regard, d’un autre mode de fonctionnement intellectuel. C’est avoir une approche logique, en définissant les axiomes et l’espace avec lequel on a construit tout le raisonnement, on se place à la fois comme un observateur impliqué et influencé par son environnement mais on essaye également de construire une posture de doute constructif en se mettant en situation d’observateur extérieur au phénomène que l'on décrit.

Ce n’est pas exercice facile, prendre de la distance par rapport à son objet d’étude, se séparer de la charge émotionnelle pour ensuite scruter les influences du milieu sur la description et l’analyse. En étant impliqué on perd de l’objectivité car trop proche du sujet, obligatoirement influencé par le milieu, en prenant du recul ensuite dans une posture d’indifférence, il y a une tentative de reconstruction de cette objectivité perdue. Cette double démarche est obligatoire, s’impliquer est une condition pour pénétrer son sujet, reculer c’est aussi une manière de réfléchir dans un autre référentiel, de se comprendre en situation d'interaction avec le milieu pour donner une description la plus objective possible. La post analyse est une aussi un moyen pour recueillir par la suite des correctifs sans se fermer toutes les portes. Par exemple, s’il me manque des données ou si je suis limité dans ma recherche, je donnerai un jugement étayé par l'argumentaire le plus proche possible de la réalité perçue mais sans nier la possibilité de futurs ajustements qui devront subir le même effort de rigueur et d’appréciation.

Les procédures suggérés par SBF, commentées dans les lettres ummites, sont peut être trop difficile à appliquer, mais n’est-ce pas là un minimum pour une démarche rigoureuse et qui peux servir à d’autres fins ? Cela correspond à un plan didactique à double emploi, il sert à la fois d’instrument de mesure des méthodes de raisonnements et d'expérimentation sur un macrogroupe, et paradoxalement il propose ensuite des outils de résistance à l’expérience et des idées pour affirmer une certaine liberté d'action

C’est également la démarche des ummites dans une position d’anthropologue : en se mettant en scène soi-même en situation d’interaction -la description du système de croyance personnel et le compte rendu de l’immersion dans un terrain à explorer- on regagne par une posture méta descriptive l'objectivité que l'on perd, le compte rendu s’échafaude dans le contexte où on est immergé et ensuite avec du recul on donne une prise de position. Ce que l'on apporte alors c'est un supplément d’honnêteté intellectuelle et une franchise qui brise les faux semblants.