II. IMMERSION - GUERRE DE L'INFORMATION

 

(en construction, dernière mise à jour 13-04-07)

 

 

Pourquoi étais-je sollicité, quel sens à cela ? D’un coté je pouvais être manipulé pour servir de couverture à une opération de désinformation, comme un fusible et d’un autre coté je constituais potentiellement un renfort didactique dès lors que je pénétrais l’affaire. J’avais de la peine à comprendre le phénomène et mes hésitations du début sont le fait d’une situation paradoxale entre le retrait (désintéressement) et l'immersion (analyse de l’affaire). En première lecture, je ne pouvais nier les concepts apparentés entre les idées développées dans les documents ummites et les orientations de mon propre projet de recherche. SBF procéda en exposant les points communs, facilitant la compréhension du corpus et ouvrant un nouvel axe de recherche inexploité auparavant. Il insiste pour briser les limites inhérentes au cloisonnement disciplinaire, il démontre cela de diverses façons :

-         pour se dépasser soi même et voir d’autres composantes d’une même complexité

-         pour briser également une limite psychologique entretenue qui nous empêche de prendre du recul

-         pour réfléchir et corriger les déficiences épistémologiques provoquées par l’ethnocentrisme et les postures comportementales inadaptées issues de nos pulsions primaires

 

SBF propose ensuite diverses activités de recherches sur le fondement du savoir humain, des axes de compatibilité interdisciplinaire sur ce qui constitue « le sens commun » et diverses applications que l’on peut en extraire pour la linguistique informatique, l’ I.A. , les sciences sociales et humaines, les mathématiques et l’épistémologie. Il se sert des documents ummites comme d’un outil pour initier un dialogue sur ces thèmes.  Il démontre également que sa démarche s’inscrit dans un projet d’acculturation émanant d’un savoir « exoanthropologique » vers de petites communautés scientifiques et profanes autonomes. Ce qui par bien des points ressemble à un plan d’intervention sociale et d’étude comportementale déjà établie auparavant avec pour spécificité inédite une mise en place et un développement par le réseau Internet. Cette stratégie à pour but explicite de se focaliser dans un premier temps sur des communautés virtuelles qui ont ensuite une capacité d’action concrète dans le monde réel, pour inspirer des recherches scientifiques, pour influer discrètement sur la sphère publique et sociopolitique.

 

Au moment de l’affaire, des acteurs du débat et des observateurs m’ont en fait la remarque. On pouvait croire que j'étais un familier du dossier ummo, du fait de mes centres de mes centres d’intérêts, en liaison peut être avec un réseau secret lié à la source, ou même un contacté. Bien évidemment on ne manqua pas de me le reprocher par des insinuations. Pour en avoir le cœur net, des observateurs tentèrent dans ce sens quelques tentatives d’investigations. D’autres me firent par de leur perplexité et m’en firent part. Il est vrai que cette affaire focalise les regards dans ma direction, cela se déroula de manière discrète et indirecte. C’était déjà pour moi une intrusion dans ma vie privée, ce que je ne supporte pas, que je subi toujours contre mon gré et j’ai toujours résisté autant que possible à la violation de la vie privée. J’en parle longuement sur mon site (cf. ESPIONNAGE), ma position est claire et tranchée.  Il n’était pas question que je devienne un pion de je ne sais quel obscur échiquier. J’observais avec étonnement les manifestations apparentes d’un espionnage subtil sur mes activités présentes et passées, sur mon entourage. Il fallait vraiment que l’affaire ummo soit importante pour provoquer de telles gesticulations. C’est ce qui m’a convaincu à collaborer avec des observateurs de l’affaire SBF et quelques protagonistes pour démêler cet écheveau.

 

Les questions sur ma personne foisonnèrent comme celles-ci : quelle est mon projet de recherche, mes motivations et mes rapports avec le dossier ummo ? Pour quelles étranges raisons, ma personne constituait un intérêt pour l'interprétation de ce phénomène ? J’ai répondu à quelques interrogations lors de discussions en tête à tête, lors des débats avec quelques protagonistes parce que j’avais moi-même besoin d’éléments d’informations pour comprendre, dans ce cas précis il y avait une forme de collaboration mais j’ai toujours posé des limites que je ne désirais pas voir franchir. Il y a eu ensuite tout l’aspect désagréable des mises au point, j’en relate quelques exemples dans le courrier des lecteurs mais lors de discussions en face à face naissait un malaise du fait l’ambiguïté de ma personnalité. J’en connais trop sur le sujet et je dissimulerait peut être un secret inavouable, des références inconnues, des relations avec quelques réseaux (groupes de destinataires) engagées dans des développements d’un autre niveau (une autre phase du plan de contact), le dialogue change du tout pour le tout selon l’arrière pensée de mon interlocuteur. Que pouvais-je faire pour dialoguer, tout en cherchant à travailler sur les composantes qui me concernent, aider à la compréhension dans la limite du raisonnable et du respect d’une certaine confidentialité. Je ne pouvais me laisser submerger de questions de toutes sortes. Une citation connue me revient à l’esprit : « je ne suis pas en mesure de parler de ces activités » et lorsque que l’on réitère  « je regrette je n’ai pas connaissances de telles activités, de telles opérations, quoi qu’il en soit, je ne pourrais pas discuter de telles opérations quand bien même elles aient existé ».

 

Je le sentais, j’étais pris dans une étude comportementale. La première planification donna les points de faiblesse et les orientations principales de ce que j'appellerai un plan de communication. D'autres appelleraient cela une guerre de l'information en vue :

-         d'inciter une coordination non centralisée et pluridisciplinaire autour d’un triple projet (éthique, scientifique et politique)

-          pour favoriser la création d’un réseau publique de recherche sur la phénoménologie ovnienne inspirée des recherches sur les documents ummites (cf. lettre du 18 janvier, décrivant le pivot théorique de cette démarche)

-         de poser le débat sur les limites de la rationalité humaine en face d’un phénomène inconnu avec toutes les conséquences cognitives inhérentes, réfléchir sur le sens commun et la cognition

-         de poser à plat le problème de l’ethnocentrisme scientifique, du dialogue interdisciplinaire, des interfaces

-         de construire un débat ouvert sur les théories unitaire du fondement des connaissances en forme de métathéorie de toute disciplines qui soit par définition sa propre métathéorie, ce qui éviterait les constructions formelles paradoxales (cf. exégèse du corpus)

Avant cela, le débat interne sur cette orientation n'existait pas, toutes tentatives dans ce sens étaient ridiculisées. Dans un sens, les blocages et les conflits issus de cette nouvelle perspective expliquent, en partie seulement, les répercussions et la stratégie de communication appliquée par la suite.

 

La seconde guerre de l'information vécue de prés, constituée par une succession de contacts informels, de confrontations indirectes, de tentatives d'échanges, le tout fortement altéré par un constat troublant, la conservation d'un jugement d'autorité sur l'ensemble du dossier  par les protagonistes les plus impliqués. Durant le débat public, les foyers de contestation de l'autorité étaient de plus en plus nombreux avec comme corollaire le phénomène de censure et de mystification. C'était tout le fonctionnement intellectuel humain qui était à l’épreuve, rationalités et raisonnements poussés dans les limites extrêmes. Comment gérer cette crise majeure ? Les interrogations sur le contact étaient il envisageable dans un contexte aussi troublé ? Quels crédits accorder aux manifestations et pour quelles preuves ? Que devenait la cohérence du corpus si la source probable multipliait les canaux de communication sans donner elle même les éléments constituant une preuve symbolique de son identité.

 

Il y a encore autre chose de particulier dans les affaires concernant le sujet Ummo, l’aura de secret autour des destinataires, l’intervention d’agence de renseignement, l’atmosphère de conspiration. Chaque destinataire avéré recevait des consignes à la fois de la source mais subissait une pression à la fois de groupes secrets qui continuaient à travailler dans l’ombre et des appels de chercheurs pour rendre public certains contenus. Le destinataire à la liberté de faire ce qu'il veut d'un document anonyme, même s’il est signé (revendiqué) par une intelligence extraterrestre. Il suffit qu'un destinataire craque nerveusement, se met à dévoiler un corpus d’information confidentiel stratégique pour que la stratégie de certains enquêteurs -espérant se rapprocher au plus près de la source- s’effondre parce que des faussaires peuvent s’immiscer et brouiller encore plus les pistes.

 

Ces divers obstacles à la recherche de vérité ont bien entendu été pris en compte par la source qui en profite pour élaborer un jeu à multiples faces. Les documents sont souvent désignés comme des outils pour une intervention sociale avec toutes les précautions d'usages. Il est en effet difficilement concevable de se fier à la seule confiance des destinataires pour maintenir le secret. Ils ont une liberté d’action pour interpréter et communiquer sur le sujet qui les intéressent. Ce que l’on peut constater c’est un réflexe de duplicité, une confiance mutuelle et qui fait office de verrou sociétal ou d’enclave ethnoculturelle pour maintenir l’unité d’une communauté de contactés. Le sentiment d’appartenance à un groupe partageant un corpus secret favorise l’impression d’être un élu bienheureux. C’est déjà potentiellement un facteur d’instabilité comportementale. Et mise à part la mise sous contrainte et le maintient d’une pression psychologique constante, il est difficile de maintenir un secret durable. Du point de vue d’une organisation extrêmement compétente pour la manipulation mentale et le contrôle de l’information, rompue aux procédés technologiques de pointe pour faire la preuve de leur supériorité. Il serait naïf de croire que la source espérait que le secret soit conservé dans les conditions décrites au départ. Comment analyser ensuite les comportements si on présuppose dès le départ un amateurisme qui n’existe pas ? Tôt au tard, au vu de la permissivité des contactés et des premiers réseaux d’étude autour du corpus, l’objectif n’était pas de maintenir par tous les moyens le secret.

 

On aurait pu croire qu’au cours du temps et l'évolution des échanges, une permissivité pour les uns, une indifférence pour les autres, conduisait tout droit à la rupture de seuil psychologique du maintient de la confidentialité. Les points de rupture sont atteints lors :

-         d’une déception car les attentes primordiales ne sont pas tenus

-          les réponses sont trop lentes à venir et le mystère s’opacifie de plus en plus

-          le sentiment d’intimité avec la source vécue dans le premier temps comme un contact privilégié devient contrariant et pénible dans la durée

-         les contactés ont la désagréable impression d’être la victime d’une expérience de laboratoire, de servir de cobaye et d’échantillon de population pour une expérience à plus grande échelle

-         d’un désir de rompre toutes communications avec la source, suite à la violation de l’intimité, le sentiment d’être victime d’une communication envahissante émotionnellement parlant et difficile à gérer en société

-         de la peur de l’exclusion sociale et du ridicule, le désir de vivre ou retrouver la normalité

-         du désir de vengeance, la rébellion, la subversion pour contrarier des plans, un règlement de compte vis-à-vis de la source

-     du dénigrement du dossier et rejet de toutes idées ou potentialités E.T.

-         d’une souffrance psychologique qui pousse à raconter une situation insolite, besoin de réconfort

-         du désintéressement soudain, d’une perte de confiance, la croyance en la valeur des documents est modifiée rapidement, désir d’abandonner définitivement le sujet apparaît

-         est appliqué un projet de désinformation en provenance de la source (double flux de données information-désinformation), une tentative de diversion calculée

 

 

 

Revenons sur l’affaire SBF / Ummo , on pouvait y voir, dans une de ses nombreuses facettes, une étude comportementale sur une petite échelle mais très détaillée, une analyse du paysage sociopolitique, culturelle et technologique d'une présence présumée E.T. dans le réseau internet.  Cette démarche d'intrusion était explicite, les commentaires donnés lors des échanges avec SBF allaient dans ce sens. Pourtant la tourmente était là, le chaos régna durant la confusion, l’effet de surprise, ensuite les attaques personnelles prirent le relais, conséquences de la peur, d'une mauvaise connaissance des apports de chacun, des préjugés.

 

L'autoanalyse était souvent donnée en exemple comme moyen empirique de prise de recul et comme exercice de communication pour la constitution d’un réseau rationnel d’échange et de recherche sur des projets inspirés par l'affaire SBF. Les jeux de communication ainsi que les références données étaient le signe avant coureur d'une mise à l'épreuve sur le champ interactionnel des personnalités importantes (les grands communicants) et au second plan sur les membres des communautés structurées autour d'eux.

 

Mon rôle pouvait se percevoir comme un appui référentiel  et symbolique pour appuyer des arguments qualifiés d'hétérodoxes à l'interprétation classiques des concepts ummite même si en seconde lecture, on pouvait espérer une exégèse qui n’était pas contradictoire avec le corpus, bien au contraire. Je devenais malgré moi, un élément d'une postanalyse sur l'ensemble de données croisées. On m'utilisait ainsi comme un outil, en e sachant pertinemment que je ne pouvais faire autrement que lutter pour gérer ce torrent informationnel et chaotique qui venait vers moi. C’était comme une mise à l'épreuve. Je faisais également parti de cette expérience, en me forçait la main, je n'avais plus d'autre choix que de m'immerger pour comprendre de l'intérieur les tenants et les aboutissants des diverses affaires connexes à l’affaire ummo, donnant un supplément de sens à un dossier très complexe.

 

En tant qu’intermédiaire symbolique, je prenais le risque de m'exposer plus que de raison mais c’était un risque calculé. Avais-je vraiment le choix ? Je n'aimais pas l'idée de servir de facilitateur ou de passer pour un supplétif. Ma responsabilité était engagée pour un temps, je devais être la liaison entre différentes influences et sources de communication de façon à atténuer l'étrangeté du message, donner des clés de lecture et des outils théoriques d'analyse. Mon effort pour interpréter le phénomène pour moi même servait également à l'ensemble de la communauté.

 

Ce qui ressort du choc de la rencontre, c'est un fantastique aperçu des faiblesses morales et scientifiques avec son lot de préjugés, faisant fi des discours de principes et des déclarations de bonnes intentions. Il subsiste un fossé entre la déclaration de bonne condition et la réalité des relations humaines. Les luttes d'influences prenant souvent le dessus sur la réflexion lorsqu'un contact avec un phénomène étrange et inconnu brise la routine des conventions et des allants de soi.

 

Je pouvais sentir cet effet sur moi-même. Essayer de comprendre un sujet d’étude dans lequel on est partie intégrante c’était déjà difficile mais faire en sorte de se mettre à la place d’un coordinateur qui manipulait d’un coté en distillant de l’information scientifique de l’autre c’était infaisable. J’avais toujours une longueur de retard, comme une partir d’échecs. Je ne faisais que reconstituer les morceaux des interventions, recadrer les éléments d’une vaste orchestration avant d’en saisir l’importance. En commencent par l'analyse de conversation, ensuite par l’étude de la charge émotionnelle provoquée et enfin par les péripéties d’action dans la réalité concrète.

 

Comment penser cette intervention SBF / Ummo ? Ces contacts dans l'espace culturel de différentes communautés virtuelles, la restructuration d'un réseau de partage et d'étude provoqué par la confrontation des politiques de gestions et entretenu par les conflits personnels. Que faire des idées proposées, des questionnements embarrassants, des problématiques énumérées confrontant chacun avec ses propres limitations ? La révolution culturelle décrite dans la lettre du 18 janvier,  la portée sociopolitique, scientifique et culturelle allant dans le sens d’une gestion préventive d’une crise de connaissance et d'autorité face au chaos d'une acculturation brutale provenant d’une source exo anthropologique. L’effet anxiogène induit sur les individus subsiste même si le réseau social est mentalement préparé au contact.

 

Que reste t-il finalement après tant de conflits ? Mon impression personnelle est celle d’un constat inachevé. Il n’est plus possible de négliger l’ampleur des limitations propres à chaque individu et les répercussions en cascade sur la cohésion d'une population structurée sur des objectifs communs. Même si chaque partie impliquée clame sa capacité à résister aux répercussions et aux polémiques sans fin, l’ensemble du réseau social se cache derrière une posture d'ouverture intellectuelle qui masque une fragilité encore mal évaluée.