LA QUETE DES ORIGINES

 

Avec de la persévérance on peut espérer résoudre des points difficiles insolubles. Un barrage de contraintes qui cède après un seuil d’acharnement, quelque chose se déverrouillait en 2007, où en passe de l’être. Je pouvais aborder de front la réflexion sur ces groupes secrets qui attisent tant les convoitises et qui perpétuent les rumeurs sur ce que pouvait représenter un « corpus étendu de première génération » ainsi que sur les rapports confidentiels des contactés décrivant les activités associées à l’exploitation des lettres. Comment réfléchir sur le corpus étendu qui représente dans la période la plus connue de l’affaire Ummo, le 3/4 de lettres à découvrir selon des sources « ummites », non diffusées, en comparaison des ¼ rendus publics par le groupe espagnol ? Un constat important sur l’inefficacité de l’effort d’enquête et la fiabilité des différents témoignages sur l’origine supposée et qui reste jusqu'à maintenant encore à démontrer, à prouver, à reconstituer. On ne peut pas en effet avancer dans l’analyse sans essayer de regrouper ces éléments manquants, ceci explique sans doute l’initiative ummo-sciences d’appel aux destinataires. Ce qui ne fut pas sans conséquences et fut l’occasion d’intervention insolites avec diffusion d’apocryphes.

 

Pénétrer ces réseaux inconnus qui possèdent des clés de décryptage est le dernier espoir qui reste à une communauté qui n’a pas réussi à se rapprocher de la source. Tentatives parfois désespérées d’accéder à un niveau de compréhension interdit. Je me suis rendu compte que ce qui était dévoilé au public ne prenait pas en compte cette facette du problème, cette absence de références et tous les corrélats nécessaires à la bonne compréhension. Une vue partielle sur tout l’édifice théorique est probablement ce qui émerge d’une première observation.

 

Construire une vision globale sur ¼ des données est une mission impossible. On ne peut qu’humblement se rapprocher d’une synthèse partielle mais absolument pas entretenir le rêve ambitieux de l’objectivité sur la totalité par une érudition poussée à l’extrême. C’est un péché par omission, comportement fréquent dont on ne peut que rendre compte. C’est peut être une attitude humaine de la part de passionnés qui n’ont plus assez de recul.

 

Avec la base documentaire rendue publique, on ne fait qu’effleurer un vaste projet de dissémination d’informations d’origine inconnue et dont l’effet psychologique le plus important est de rendre compte des problèmes de compréhension et d’échanges interculturels avec une civilisation supposée extraterrestre. Cela ne fut pas sans conséquences dramatiques et revendications les plus incongrues les unes que les autres, sans oublier les volontés personnelles et collectives mise en dissension, en concurrences, en échec par la source elle-même.

 

Avec environ 1500 pages dactylographiées contrôlées et exploitées publiquement sur peut être plus de 6000 pages, tel que décrit par les auteurs des lettres, l’affaire ummo prend une tout autre allure. Ce qui manque, renforce la perplexité de l’enquêteur et constitue l’objet de biens des enjeux. La recherche s’oriente dans les directions d’un jeu de piste, une collecte de renseignement et une recherche débridée de tous les destinataires probables, ce qui va de pair avec le foisonnement de faussaires et d’action de désinformation visant à bloquer ces initiatives.

 

Apres 30 années d’interrogations diverses et d’enquêtes en cul de sac, l’épreuve est terrible et l’amertume non contenue pour des chercheurs qui ont beaucoup sacrifié de leur temps et énergie. Lorsque le rêve de se rapprocher de la source s’estompe, ce fantasme de partager un dialogue avec les auteurs s’amenuise, il reste à se retourner vers tous ceux qui ont eu plus de chance, c'est-à-dire les contactés qui restent en possessions des lettres manquantes.

 

La quête des origines a toujours constitué une épreuve de force. Quant à remonter la piste pour donner des preuves matérielles sur l’identité des auteurs et le rôle des intermédiaires expéditeurs, il n’y a jamais eu de démonstration satisfaisantes. Les tentatives de résolutions de ce problème n’ont jamais été à la hauteur de la complexité de l’affaire. Une multitude d’argumentations et d’opinions sans fondements ont participé à semer la confusion dans les esprits. Et ce n’est pas tout, il y a aussi la gestion des documents apocryphes qui n’entrent pas dans la même période de diffusion et que l’on essaye tant bien que mal à rattacher à la même source. Ces textes sont disséminés et restent disjoints de la période des premiers contacts. (Diagramme u-sphere sur l'historicité des echanges).

 

Lors de leur acquisition, les apocryphes sont le sujet de véritables luttes d’influence et controverses sur la politique culturelle de gestion et les retombées (JPP-AJH-JP). Cela a été remarquable lors de la phase délicate de validation de nouveaux documents (faussaire, source alternative, inconnue, plagiaire, farceur, agitprop, contre manipulation). La valeur fonctionnelle du document, sa cohérence avec le corpus existant, son rapport avec le passé ne sont que les préliminaires à l’enquête. Nous retrouvons toute une phase de négociation avec les destinataires pour reconstituer le détail de la réception, les motivations de la source. Dans le même temps, la possibilité d’une opération de désinformation pour contrarier les efforts d’enquêtes ou pour alerter une communauté sur des événements qui constitueraient un frein à une reprise de la correspondance, constituent tout autant un autre argument de cohérence. Sur les très nombreuses reconstitutions de cette genèse manipulatoire, il n’y a rien de clair et de décidable et personne ne peut faire valoir un argument d’autorité consistant ou digne de foi. Nous retrouvons seulement des probabilités et des justifications de construction inqualifiables en rapport aux moyens de l’époque de la rédaction. Alors comment s’en sortir avec l’apparition de nouveaux documents ? Il reste l’argument scientifique, la portée fonctionnelle des idées mise en balance avec l’aspect embrouillé, déconstruit, inclassable d’un phénomène sans queue ni tête.

 

Il existe évidemment une autre barrière qui freine les initiatives pour remonter le courant vers les destinataires, vers ceux qui posséderaient le corpus intégral de la première époque et qui préfèrent ne pas se faire connaître, ni diffuser quoi que ce soit en rapport avec le contenu. Face à une dissimulation de l’activité confidentielle de tous les groupes de contactés, à cette mise à l’écart des controverses, nous retrouvons les ingrédients d’une nouvelle mythologie au sujet des gardiens du savoir et qui seraient devenus au fil du temps, une véritable mémoire de la transmission d’un savoir exogène vers la civilisation terrestre. Difficile de mettre à l’épreuve une légende même si elle repose sur un fond de vérité, il est extrêmement difficile de percer à jour ces groupes secrets qui maintiendraient des échanges dans la continuité.

 

Serions-nous en fait devant une société de correspondants permanents pour préserver une procédure initiée il y a trente ans ? Quelle peut être alors l’utilité de diffuser maintenant des informations si cette connaissance reste l’exclusivité de quelques initiés disséminés de par le monde ? Diffuser maintenant des lettres apocryphes d’inspiration ou revendiquées ummo pourraient se révéler délicat, puisqu’il n’y aucune structure publique capable de les exploiter et d’en garantir une conservation exempte d’arrière pensée politique et de querelles d’influence. Il subsiste la mise en circulation d’extrait de texte et de preuve d’existence (courrier NR, apocryphes) pour entretenir à minima cette politique de divulgation progressive d’un projet d’échange a minima.

 

Bien évidemment il y a un déficit de témoignage, il manque la parole de contactés qui s’exprimeraient (avec ou sans l’accord de la source) pour ajuster de nouvelles orientations comportementales et aider ceux qui le désirent à mieux travailler sur la reconstitution de la cohérence interne des rapports reçus. On a vu ainsi apparaitre des postages électroniques insolites sur des forums internet, des documents sensationnels, parfois l’œuvre de faussaires ou d’imitateurs, parfois de nature à provoquer une interrogation profonde sur les drames à venir. L’exemple le plus intéressant est le document SL-9 (cf. ref), aucune revendication même si on peut y voir une similitude avec des thèmes ummites.

 

Ces nouveaux documents qui apparaissent de temps à autres, ne constituent pas vraiment une piste pour les enquêteurs, peut être un coup de semonce ponctuel pour marquer les esprits et donner de quoi réfléchir. Comparativement à la première phase de diffusion par le réseau espagnol qui en fait mention, les rapports apparus récemment sur internet n’entrent plus dans la même dynamique de diffusion et ne sont rattachés à aucune structure microsociale de destinataires. On pourrait interpréter cette nouvelle communication comme un prolongement tacite envers un public captif et nostalgique d’une époque révolue et qui peine à élaborer un projet de gestion des connaissances, d’analyse scientifique et d’action politique.