APPEL AUX DESTINATAIRES

 

Cette obsession à retrouver la trace des premiers destinataires des documents ummites, celui de la phase de forte diffusion à l’époque de l’émergence du groupe de Madrid, n’a pas été sans conséquences morales. L’appel aux destinataires lancé par ummo-sciences fit l’impasse sur les conditions de sécurité et de tranquillité, non sur les bonnes intentions exposées mais sur son application. Impossible de contrôler la forte agitation et tous les fantasmes issus de l’obsession de cette quête de vérité sur l’origine. Ce qui fut évidement problématique et en contradiction avec le respect d’une morale d’enquête et de reconstitution basée sur des faits historiques. S’il y avait un véritable gage de bonne conduite, il a été en effet mis à l’épreuve.

 

Le premier constat, lors de la réception des premiers apocryphes (NR), c'est qu'il n'a pas été possible de garantir un minimum de bienséance et de régulation de la confidentialité des émissions. Dans cette quête des origines, il n’y eu à aucun moment un gage de garanti pour les destinataires que l’on souhaitait ardemment faire venir dans cette réflexion collective. Faire parler les silencieux par un appel publique. Un échec qui se révèle aussi d’un mauvais traitement des apocryphes adressés directement à la communauté virtuelle. Lorsqu’il y avait des passages strictement réservés, à ne pas faire circuler, cela fut respecté. Le minimum n’a portant pas été fait pour éviter les dommages collatéraux. Le diagnostic fut posé, ce mode de fonctionnement et de diffusion n’est pas fiable lorsqu’il est organisé autour d’une communauté virtuelle ouverte et dont les membres ne sont pas disciplinés et ne respectent aucune procédures ni recommandations sur la durée.

 

On a pu observer ce type de comportement lors de l’affaire SBF. On a constaté en effet que pour tout sentiment collectif de perplexité et d’attente, un microgroupe était pris comme échantillon de population pour tester à petite échelle le phénomène d’acculturation d’un nouveau type car se déroulant dans une dimension de communication électronique. Les péripéties de cette communication se faisaient dans la confusion et l’agressivité car toute quête d’un approfondissement se faisait au détriment de la patience nécessaire à la construction de la confiance. On imagine bien que cela a donné un portrait peu flatteur de ces attitudes typiques face aux difficultés de coopération dans une atmosphère de rivalité et de compétition. La charte a l’époque des fait n’a pas été respectée, c’est ainsi qu’elle fut réécrite pour la circonstance pour s’adapter aux nouvelles contraintes soumise par SBF.  Il a donc pointé du doigt quelques déficiences comportementales et désigné un ensemble de correctifs préalables à tout contact avancé. Il a également été désigné les services de renseignements comme source de parasitismes informationnels et de foyers potentiels de désorganisation.

 

Les scandales de l’année 2003 n’étaient pas propices pour faire sortir des contactés de leur réserve et encore moins pour mettre la main sur le corpus étendu que tout le monde réclamait. Un autre point délicat était cette guerre de l’information autour de la propriété des lettres, de la légitime représentation publique autour d’une doctrine de référence, d’une expertise renommée qui fait force de rigueur et de démonstration pour la préservation d’un héritage culturel. La partie visible de ces problèmes se déroule publiquement à partir du scandale du copyright, du tatouage des scans et des problèmes de traduction. Par effet de contagion ces problèmes et litiges prirent de l’ampleur pour toucher au traitement sociopolitique du dossier.

 

A qui appartiennent les lettres ummites revendiquées et déclarées authentiques ? Serait-ce un patrimoine de l’humanité qui devrait être déclaré et largement diffusé, un trésor de guerre à usage exclusif des destinataires ? Aucun règlement juridique de ce problème n’eut lieu, aucunes discussions sur les opportunités. Par effet d’usage, il a été convenu qu’une fois diffusées, ces lettres ne seraient pas le jeu de querelles de propriété car le risque de semer la confusion était trop grand et le bénéfice de l’ouverture du débat à grande échelle serait irrémédiablement atténué voir détruit. Malheureusement chaque groupe autour d’initiatives respectives et opposées (querelle AJH-JPP) s’est fait l’écho des scandales à répétitions sur les tentatives de pillage, d’opa, de récupération médiatique, de réaffectation de copyright. Collecter les lettres perdues et isolées ne sera jamais une activité facile, l’enquête déjà extrêmement difficile, sera plus problématique encore lorsqu’il s’agit d’amener vers soi dans le meilleur des cas les éventuels destinataires qui sont encore en activité et au mieux des collecteurs ou archivistes encore inconnus.

 

Finalement l’appel aux destinataires même s’il na pas été pris au sérieux à permis de regrouper des compétences disparates autour de groupes spécialisés sur des thématiques de recherche et de projets d’étude appliquées qui se sont éclatés un peu partout, souvent isolés et qui échangent peu les uns avec les autres. Ce message mobilisateur ne s’est pas diffusé sereinement car le plus important n’a peut être jamais été mentionné explicitement. Aucune promesse d’intention sur le traitement des lettres à découvrir et encore moins sur la manière de négocier avec les réseaux qui en disposent.

 

L’importance des enjeux vitaux autour des lettres a été sous estimé, on a donné une vision naïve des destinataires qui pouvaient s’ils étaient informés et convaincu du bienfait d’une centralisation des documents en vu de l’exploitation publique, donner leur travaux et divulguer des informations riches en contenu. Une autre erreur fut d’imaginer qu’il serait facile de négocier l’intégration progressive d’un vaste contenu latent vis-à-vis du corpus connu manifeste par le seul effort d’un comité de validation réduit à quelques personnes auto désigné comme expertes du dossier. La limite de ce mode de fonctionnement a été démontrée successivement par divers incidents qui ont constitué une démonstration par récurrence.

 

En réalité le rapport de force était inversé, ce n’était plus les analystes qui étaient en situation de dicter leurs conditions mais bien les destinataires probablement membres de réseaux secrets qui exploitaient dans la confidentialité les ¾ des lettres ummites encore inconnues de la première période de contact et donc avaient un contrôle sur des données totalement inconnues. Malgré leur importance, les 1500 pages diffusées publiquement sont bien dérisoires au vu de l’importance des échanges dactylographiques de la grande période de diffusion. La réception d’apocryphes récents sans aucune référence avec le contenu historique, conforta ce soupçon. Il n’était pas encore question de remettre en circulation un vaste trésor mais de communiquer sur des interventions récentes à des fins de régulation de la portée médiatique de ce dossier. Ces apocryphes qui ne sont pas rattachés au passé sont encore plus insolites de par leur contenu, ils restent des documents isolés. Ils n’ont pas la même viabilité et surtout ont été disséminés dans le but de faire une opération de communication rapide et ciblée.

 

Lors de la réception de nouveaux apocryphes, il a eu cet espoir de reprise de dialogue avec un sentiment d’émulation. La source était à la fois proche et distante, elle restait toujours hors de portée tout en ayant l’air d’être à l’écoute. Les informations exploitées à partir de ces documents récents, éveillèrent des rivalités limitées au seul cercle d’étude. On a vu que des efforts de représentation étaient en faits pour la promotion des experts, pour entretenir l’attention sur une autorité et indirectement par effet de popularité favoriser une renommée à plus vaste échelle. Cette nouvelle attitude de politique culturelle portée sur soi, a implicitement émergée de l’attente démesurée des plus passionnés et a servi à consolider cet espoir d’un contact de la source vers le représentant le plus méritant. C’est ainsi qu’est vécu la plupart du temps cette attente, pour devenir soi-même un contacté il faut faire des efforts pour se distinguer. Fantasme inconscient ou rêve insensé. Ce contexte ne se prêta pas à rendre viable une collaboration sereine, sur des bases exemptes d’arrières pensées avec ces fameux réseaux secrets de destinataires.