MESURE DE PRECAUTIONS

 

L’appel aux destinataires dans une certaine mesure, constituait une possibilité de mise en péril d’une communauté secrète qui avaient conservé le silence depuis de nombreuses années. L’attente angoissante et la recherche effrénée de nouvelles pistes permis en toute probabilité de libérer un contenu apocryphe, ne serait-ce que pour valider sur de multiples niveaux le processus d’expérimentation microsociale et d’obtenir ensuite un effet d’apaisement. Les nouvelles lettres NR étaient indépendantes, en dehors de la continuité historique et précisément ciblées sur le nouveau mode collaboratif par internet. Dans ce contexte, l’appel aux destinataires d’anciennes lettres ne pouvait pas être satisfait, présenté de manière unilatérale il n’avait pas beaucoup de chance d’aboutir.

 

La lettre du 18 janvier sembla pourtant inciter les enquêteurs et chercheurs à se regrouper pour unir les ressources intellectuelles dans une œuvre dénuée de tout prosélytisme. Fallait-il alors respecter des engagements de confiance, des pré-requis protocolaires et méthodologiques ? Sur quelles bases construire une telle structure ? Retour au point de départ. C’était encore à cette partie silencieuse constituée de groupe de destinataires que revenait le dernier mot. Lorsque la source présumée exogène restait inaccessible aux supplications, l’attention était portée sur les destinataires peut être plus enclins à s’épancher et ouvrir leurs archives.

 

Malgré l’extrême difficulté de l’entreprise, celle d’une reprise de la diffusion de documents inédits par la source ummite, l’espoir d’un rapprochement et même d’une rencontre avec les auteurs ne s’est jamais dissipé. Il y a eu à maintes reprises par le passé, des annonces publiques et autant de sollicitations. On a ensuite parié sur l’exploitation d’apocryphes de toute nature pourvu qu’ils donnent un quelconque éclairage sur l’ensemble de l’affaire. Beaucoup d’hypothèses de travail pour un effort médiatique dont les résultats n’ont pas été à la hauteur des attentes. Le rêve était ambitieux, trop peut être. Présenter scientifiquement les preuves d’une culture extraterrestre par la seule exploitation de documents dactylographiés malgré l’impossibilité de pénétrer un espace de connaissances décrit comme une corne d’abondance.

 

Cela vaut-il la peine de faire ces efforts insensés de quête des origines qui risquent de mettre en difficulté à la fois l’enquêteur et sa cible ? Il est tellement plus commode de passer par des intermédiaires si l’on désire diffuser des documents inédits et surtout protéger de la curiosité les véritables destinataires. Le plus raisonnable pour satisfaire le souhait de ce collationnement d’information est de créer une barrière de sécurité, de passer par des agents de liaison qui sont effectivement dissociés des réseaux secrets et qui ont effectivement un rôle de relais, d’amplification et traduction de l’information de base. Ils pourraient transmettre des données sans compromettre les destinataires originaux.

 

L’appel aux destinataires, tel qu’il est décrit par ummo-sciences avait pour objectif d’entretenir une investigation sur un corpus de texte équivalent au ¾  de ce qui est inconnu et relatif au contexte de diffusion de la prime époque (cf recap ou tableau). La publication de la thèse de JP ainsi que la reconstitution à partir des écrits de la civilisation ummo, de la complexité des théories s’y référant et de leurs cohérences internes, de la richesse d’un compte rendu anthropologique vraisemblable, contribua à la constitution d’une argumentation nouvelle et nécessaire pour stimuler une dynamique de recherche largement interdisciplinaire. En cela, il compléta l’effort de JPP dans la démonstration de la fonctionnalité scientifique des écrits ummites, de l’utilité d’en faire un objet d’étude accessible pour le public. C’est ainsi que fut présenté et ressenti la communion autour de l’œuvre de JP. La suite ne fut pas aussi idyllique, on a pu en avoir un aperçu plus haut.

 

Entre autre prétention, retrouver les anciens destinataires pour finaliser une démonstration objective et appuyer une validation de cohérence scientifique qui a valeur de preuve, voilà qu’elle était la ligne directrice sur laquelle s’est constituée l’effort de reconquête du dossier. Quitte à se perdre dans les méandres d’une poursuite à objectifs risqués. Dans le cadre de la situation qui est constaté, il aurait fallu dans cette stratégie de long terme, intégrer des bilans intermédiaires, des jalons-étapes, développant les coûts et bénéfices de ce travail collectif ainsi que les risques associés. Si une première curiosité était satisfaite, celui d’arriver au bout de l’énigme l’était moins. Une fois la première vague d’agitation passée, il ne restait que ceux qui étaient capable de sacrifices personnels. De quoi refréner les ardeurs de nouveaux arrivants et expliquer les abandons en cours de route.

 

Une solution de soutien à cette dynamique d'étude et d'émulation fut l’apparition modérée d’apocryphes. Une autre problématique abordée de front depuis l’affaire SBF est l’utilité de l’intermédiaire de confiance, de l'existence probable d'un réseau d’information dissocié stable sur lequel s'appuyer. Il était raisonnable de penser que l'évolution du mode d'échange avec la source irait avec l'idée suggérée dans les écrits d'une nouvelle politique de pré-contact, d'un rapprochement plus subtil avec le réseau social. C'est alors considérer toute une nouvelle façon de véhiculer de l’information sans se faire remarquer, et dont l’origine probable est compatible avec celle qui a élaborée l’intervention ummite. Mettre en place cette nouvelle tactique et la faire accepter ne se fera pas sans l’intervention de procédés de dissémination complétant le dispositif déjà en place à l’origine des premières expérimentations. Il s’amorce alors un nouveau virage dans l’affaire ummo qui n’est plus limité à l’étude scrupuleuse de documents dactylographiés mais d’un complexe de concepts à la portée plus générale et touchant tous les secteurs de la société. Cette nouvelle organisation des connaissances qui ne serait pas construit exclusivement autour du dossier ummo, proposerait des références et postures d’observation dont l’aspect principal donnerait différentes perceptions sur l’état du monde, soient une perspective mixte terrestre et extraterrestre. Quant au dossier ummo, il serait relégué à un second plan, à une référence non exclusive, à compléter avec d’autres, il devient un outil intellectuel et non une fin en soi.

 

D’un coté, nous avons une initiative spécialisée d’exploitation de l’affaire ummo et de l’autre des mouvements compatibles ou complémentaires, ouvert et non spécifiques, qui utiliseraient ummo comme une étape vers d’autres projets. Comment les destinataires peuvent-ils se positionner face de ces deux alternatives ? Comment expliquer l’apparition de ces nouveaux apocryphes, des nouvelles lettres ummites non authentifiées ? Les groupes de destinataires dont la vocation n'a jamais été de se faire connaître peuvent alors se tourner vers un mode d’échange plus sécurisé, par ricochet et l’entremise d’une barrière de sécurité, faisant intervenir des acteurs tout en protégeant les groupes secrets, limiter les intrusions non sollicitées et ouvrir un niveau interactionnel avec différentes  sources supposées exogènes y compris ummites.

 

Acteurs probables dans la mise en place de cette plateforme de relation, première étape dans la construction du scénario de collaboration entre un supplétif agent de liaison et un analyste généraliste sous allégeance :

 

Supplétif informateur, joue le rôle de porte-parole informel :

Un tiers de confiance sensibilisée et dévouée. Recruté à la suite d’un long processus de vérification psychotechnique. Son rôle serait de servir de prêt nom, d’être porte parole pour une source d’information en arrière plan. Il servirait de filtre entre deux zones d’information incompatibles, entre une organisation de réseaux secrets de contactés et une communauté publique d’enquêteurs qui portent leur investigation sur le premier groupe. Cet informateur canaliserait les incidents susceptibles de porter atteintes aux réseaux et serait le premier maillon d’une chaine de désinformation en cas de problème. Il jouerait le rôle de l’exutoire et faisant converger vers lui une part des frustrations, des demandes d’information et des comportements agressifs. Il serait attentif aux risques d’infiltration et sensibilisé au contre espionnage. De par son activité il maintiendrait une zone d’exclusion autour de lui, ne posséderait aucune information sensible, obéirait simplement aux consignes sans se mettre en valeur. Sa première fonction comme informateur serait une réponse pour réguler les actions clandestines d’ingérence. Il fera aussi une activité de veille technologique et de sentinelle. C’est un agent détaché qui intervient sur sollicitation uniquement. Il ne connait pas la vraie nature et la dynamique structurant les groupes de contactés et encore moi la source primaire.

 

 

Analyste généraliste sous allégeance :

Il traite les informations qu’on lui soumet, respecte les consignes de sécurité et ne tente aucunes actions qui le mèneraient à se sortir de son cadre de travail. Ce n’est pas un acteur de terrain et possède des capacités opérationnelles de contre espionnage réduites au strict nécessaire. De tempérament discret, il préfère la discrétion et l’activité élitiste >plutôt qu’une mise en perspective de son travail. Il reste en marge de toute polémique et débat d’experts. Il n’est pas hanté par un fantasme de contact et ne désire pas traiter >avec la source primaire. Animé par une curiosité intellectuelle mais également pas un sentiment d’indifférence sur ce qui dépasse ses capacités d’observation. Sa personnalité laisse apparaitre un tempérament réservé, qui a peur du risque et rechigne à entretenir des activités parallèles le mettant directement en avant. Il ne communique pas sur son activité et possède un fort sentiment d’intégrité. Il peine à partager les informations et ne donne pas sa confiance facilement. Cette activité clandestine d’analyste sous allégeance lui sert à faire avancer ses projets personnels.