RESOLUTIONS AVANT IMMERSION
Une fois le cap pris, celui de m’ouvrir aux autres sur des sujets hors normes, je prenais les devants par intermittence et de manière modérée. Je passais peut être pour un dilettant mais je n’avais ni le temps, ni la volonté pour accéder à un niveau d’expertise. Je craignais d’être stigmatisé, de limiter mon champ d’investigation par cette propension à ranger les individus dans des rôles précis, de leur coller des étiquettes, de les affubler de préjugés. On m’a ainsi soupçonné un temps d’être un supplétif dont les actes devaient être scrutés à la loupe comme autant indices qui mèneraient vers la source. De quoi se sentir diminué et réduis à un simple objet d’expérience. Ce que je n’étais pas, et pour affirmer ce refus, je mis quelques brèves notes à disposition.
J’observais au cours de l’année 2003, avec une attention soutenue, les rapports qu’entretenaient les enquêteurs avec de probables destinataires. Je voyais éclore l’orage, malgré les vœux de respects et de bienveillance, et se déroulait en arrière plan une lutte acharnée pour récupérer des renseignements de première main sur les destinataires. Une inflation de moyens était promue comme nécessaire lorsque l’on était pris dans un processus de révélation mais malheureusement ce n’est pas une justification satisfaisante. Je n’étais pas convaincu par tous ces agissements qui dépassaient de très loin le cadre d’une simple étude documentaire.
Pour m’aider à y voir clair et comme mise au point définitivement avec toutes les parties engagées, j’ai exprimé clairement que je n’étais pas un terrain d’expérimentation. On se servait de moi comme un fusible pour attirer l’attention, comme un relais d’opinion et probablement pour m’inciter à m’engager dans une contre-enquête sur les dossiers ummo. D’autre part, j’étais pris de manière détournée comme un moyen de réactivation de ressources dormantes. Je ne trouvais pas raisonnable de m’utiliser sans prendre le soin de m’avertir, en me forçant la main sans même les précautions en usage. J’avais du mal à croire que cela m’arrivait et encore plus de mal à comprendre les répercussions en cascade sur différents groupes. On m’affirma que les interventions de SBF étaient faites dans une dimension constructive et d’amélioration, pour une bonne cause, cela ne me rassura pas d’avantage. J’étais comme la balle de jokari avec laquelle on s’amusait, si c’était pour une bonne cause ca me faisait une belle jambe. De toute manière, il y avait tellement de points difficiles, tous liés entre eux, que j’y voyais un terrain miné. Je pris le soin de m’engager dans une série d’entretiens pour m’initier à toutes les facettes de ces ingérences de supposées groupes de contactés, de services secrets, d’extraterrestres.
Je n’approuvais pas ce qui se passait même si je compris après coup le mécanisme précurseur et la motivation sous jacente aux interventions de SBF. Au lieu de présenter une discussion claire et argumentée, nous avons eu un témoignage fulgurant ainsi que des tensions refoulées qui se déchargèrent au grand jour. C’était l’élément disruptif qui disparut âpres le déclenchement d’une réaction en chaine. Je venais après le spectacle, après la disparition de SBF de la liste de discussion et la cessation d’activité de ses acolytes. (Cf. RECAP.)
Ce que l’on m’a proposé, c’était de sortir de ma réserve pour, soit communiquer sur les références utilisées par SBF et intégrées au corpus de base, soit me rapprocher d’interlocuteurs marqués par les divers rebondissements qui ont suivis. Il me fallait un temps d’adaptation pour au moins établir un dialogue et lier des contacts. J’avais du mal à accorder ma confiance sans faire cet effort de chaque instant, éviter de parler plus que nécessaire sur des informations semi-confidentielles, échanger des données semi-confidentielles de valeur équivalentes. Je ne cessais jamais de regarder derrière mon épaule par crainte de tomber dans je ne sais quel piège. Avec le temps, la confiance aidant je pus me reposer et éviter les chaussetrappes et les efforts non rentables.
Je témoignais le long de mon initiation aux affaires ummo de ce qui me touchait par ricochet et expliquais comment des procédés de stimulations répétés et entretenus par des destinataires se passant le relais, faisaient circuler une information susceptible de relancer un sentiment de présence extraterrestre dans le cyberespace. Difficile de croire que la simple lecture de documents apocryphes pouvait initier une telle effervescence dans les esprits, mais insinuer une intimité avec une présence exogène qui surveille les conversations électroniques c’était insuffler un sentiment de contentement et motiver des individus à travailler plus intensément sur tous les thèmes scientifiques.
Difficile à croire que des textes dont les auteurs restent hors de porté, pouvaient susciter une telle agitation. Un effet sur les comportements qui n’était pas sans intérêt. Une situation qui a fait pencher la balance pour m’inciter à m’investir un peu plus. Dénouer les références explicites et surtout m’immerger progressivement dans des mouvements d’opinions qui se heurtent, se croisent, s’interpénètrent et qui varient constamment en intensité et en action. Observer le déroulement d’un procédé de communication qui porte en lui différents niveaux d’interprétation et qui échappe à une lecture de premier degré. C’était en soi un jeu de piste avec son lot d’énigmes et de messages cachés. Ce constat agissait chez moi comme un appât, je devais sortir de ma réserve pour récolter le plus d’informations et peut être saisir au vol un sujet difficile.
Le terrain à explorer était vaste. Je réfléchissais à des méthodes d’enquête et d’exploitation documentaire. L’expert patenté se démène tant qu’il peut pour avancer dans son interprétation et trouver des sources d’informations supplémentaires pour compléter son recueil de données. Dans l’idéal il fera en sorte d’être le collecteur des flux d’information pour ouvrir de nouvelles pistes et avec de la chance rencontrer de nouveaux destinataires. Et pourtant c’était là que le bas blessait car si l’enquêteur a la prétention d’être un scientifique motivé il peut (c’est toujours un espoir latent) par ses efforts auprès d’un groupe d’intérêts gravitant autour d’un point difficile à résoudre et >diffusant de nouveaux documents, se faire remarquer par la source (l’auteur original s’il reste accessible) et devenir un contacté lui-même. Un désir secret qui devient par la >force des choses un fantasme latent qui empoisse quelque peu la critique et met à mal toute prétention à attendre à jour à une recherche dépassionnée.
Il n’est plus à démontrer que cette course pour la valorisation des résultats de l’interprétation du corpus entraine une rivalité patente. Cet état s’est trouvé renforcé à la réception d’apocryphes récents NR (suite aux épisodes SBF) dans lesquels la source présumée expose son intérêt pour l’activité collaborative dans le cyberespace. Cette source disposerait d’outils de surveillance psychotechniques et d’un appareillage infométrique adéquat qui seraient sous le contrôle d’une intelligence artificielle. Cette source diffuserait (au cours d’une mission d’intervention microsociale) des informations avec parcimonie en direction des divers groupes d’études publiques, semi-publiques et privés selon son bon vouloir, veillant à la régulation des activités, leurs orientations, et si c’est nécessaire créant une certaine tension pour stimuler les changements psychologiques ou environnementaux.
La motivation est également entretenue par une dynamique de groupe, lorsqu’est atteint un seuil d’auto-organisation entretenue par une atmosphère d’émulation. Les intérêts sont-ils divergeant ou convergents entre la source et les analystes passionnés ? Dans la mesure où ils traitent des courriers qui ne leur sont pas adressés directement, cette activité hors normes constitue un champ privilégié pour une relance de la communication interrompue avec comme arrière pensée sur le long terme un aperçu de ce que peut être une diffusion progressive de représentations culturelles (objets théories et références) d’un foyer de connaissance inerte composé par une grande partie de textes vers des communautés spécialisées. Il est assez remarquable de constater que cela prend les diverses formes de l’acculturation, avec ces comportements de pillage, d’appropriation d’un nouveau langage, de traduction multiples et de reconstitution de simulacre rationnel variant d’une communauté à l’autre (EXEMPLES POSSIBLES). Toute cette activité d’assimilation de cette culture exogène à contenu spécifiquement épistolaire à quelques rares exceptions, est basée sur des rapports écrits qui constituent l’essentiel des rapports ummo. C'est-à-dire un corpus mise à disposition publique, constitué majoritairement de lettres reçus par le groupe de Madrid avec quelques données connexes et apocryphes supposées de la même source (lettres NR, entretien, témoignages indirects).
Le projet des auteurs des lettres ummites est opaque, les lecteurs n’en connaissent que ce que les auteurs veulent bien en dire et dans une échelle de cohérence et de sincérité impossible à mesurer. Ce que veulent les enquêteurs n’est certainement pas les soucis des auteurs. Chacun suit ses projets et si les routes finissent par se croiser c’est toujours dans l’intérêt des auteurs qui prennent un ascendant psychologique sur les destinataires. Depuis que l’affaire ummo est connue du public, les auteurs n’ont jamais souhaité que l’on réunisse approximativement les 6000 pages probables des différents réseaux constituant le projet de diffusion de la prime époque. On peut supposer que les objectifs de la source sont ajustables et dépendent de circonstances qui échappent à toute grille de lecture. Sur ce point les destinataires originaux se retrouvent démunis, dans l’expectative, à scruter et tourner en rond, toujours à l’écoute d’une reprise de communication, à l’affut d’une ouverture au dialogue. On comprend mieux l’attitude sur plusieurs décennies, de différentes générations d’analystes qui se sont démenés pour faire avancer l’analyse critique.
L’aboutissement de trois décennies d’enquêtes infructueuses sur les origines des documents s’orientent maintenant vers l’ouverture publique progressive, appel aux destinataires, bouleversement de la vision d’ensemble, remise en question de l’intentionnalité par l’apparition de nouvelles orientations (rapport de force avec la source, fossé culturel en millénaire avec les E.T., impossibilité d’établir un contact de niveau spirituel équivalent, théories marionnettistes). Malgré tout, si ces efforts n’aboutissent pas, les chercheurs et enquêteurs peuvent par des actes de provocation instiller un vent de confusion, dans l’espérance de stimuler des informateurs même si ce comportement déraisonnable, entraine la production incontrôlable de rumeurs, le tri sera fait ensuite.
Il existe une marge de manœuvre étroite, un accord de principe avec la source, si la médiatisation du dossier ummo devient trop importante, il y a des procédés qui ont déjà fait leur preuve : désinformer avec force et brutalité s’il le faut (cf groupe de Madrid), la reprise d’un pseudo dialogue par le biais de supplétif, d’agent de liaison pour réguler, l’apparition invraisemblable de nouveaux documents pour contrecarrer l’impact médiatique, une prise en main invisible et à distance du jeu social psychoaffectif (intrusion dans l’espace communautaire et personnel). Ce résultat n’est valable que si la source à toujours pour volonté de participer à une expérience d’observation-participation et d’expérimentation sur les individus. Lorsque l’on s’écarte trop de cette fenêtre d’objectifs, il ne se passe rien d’intéressant, c’est l’effet d’un coup d’épée dans l’eau. Rameuter l’opinion publique autour des affaires ummo n’est pas nécessairement profitable, les moyens et conditions pour capter de l’information ne sont pas du tout prévisibles. Finalement il ne subsiste de toutes ces attentes et la conviction qu’un jour ou l’autre des initiés finiront par parler. C’est pour cela que les experts n’abandonneront jamais l’idée qu’il faut parvenir à trouver le juste milieu et le meilleur angle d’attaque pour faire sortir de l’ombre les gardiens du temple.