COMPORTEMENTS HERETIQUES

 

Dans le cas d’une prise de contrôle de l’intégrité structurelle d’un réseau secret de contactés, lorsque les membres se retrouvent menacé par une campagne d’information ou d’enquêtes, il est fortement probable que les membres les plus intransigeants, dans un acte de défiance et de provocation seraient capables d’organiser consciemment des actions psychologiques de déception et de désinformation. Par exemple utiliser un document convoité et de procéder ensuite à sa destruction de manière la plus ostentatoire. Comment réagirait alors une troupe de thuriféraires devant un tel agissement ? La mise en scène d’une destruction volontaire devant témoins sur ce qui peut représenter la passion de toute une vie, l’objet de tant de convoitises et de secrets. Cela serait pire encore si on ne donne aucune information sur la rareté du document et s’il est postulé l’absence de copie de sécurité. Cela serait une arme psychologique redoutable qui provoquerait une crise de confiance et un doute insurmontable. Une réponse proportionnelle aux tentatives d’ingérence dans la vie privée des contactés.

 

Il n’y a rien à démontrer à agir par provocation à moins que la sincérité qui affecte les consciences soit troublée par de vils comportements. Tout acte de destruction de document est un moyen de se recadrer vis-à-vis de ses propres attentes. On connaît déjà le comportement prévisible, soit on abandonne le document à un tiers de confiance, soit on le détruit pour se désengager d’un événement douloureux. Maintenant il faut compter sur la subversion, une démonstration de force pour dénoncer tout acte futile d’une recherche insensée des destinataires dont l’anonymat et la sécurité n’est aucunement garantie (réf. sur les fuites et l’échange de renseignement). Pour appuyer ce constat, on n’hésitera pas à faire un geste libérateur et hérétique dont la force est de dénoncer toute la futilité d’une quête qui n'apporte pas d'application et qui provoque un enfermement au lieu d'une libération. Lorsque l’on a une population aux conduites psycho dépendantes, réclamant leur dose d’extraordinaire, cette hérésie prend alors la forme d’un renoncement extrême.

 

Nous pouvons imaginer toutes sortes d’actions équivalentes qui seraient mal vécus par les amateurs. Jusqu'à maintenant, peu de gens ont eu connaissance de telles intentions et personne dans la sphère publique ne pouvait imaginer ces perspectives extrêmes. Il n’y a pas eu d’écho probablement pour deux raisons. En premier lieu, la confusion générée par la collecte des informations éparpillées sur le sujet ummo ainsi que le caractère désorganisé du traitement des données avaient de quoi occuper les divers intervenants et communauté publiques pendant quelques décennies, reculant pour un temps la prise en compte des incitations à diffusion et la réaction aux enquêtes approfondis. La seconde raison est l’opportunité offerte par la diffusion de documents apocryphes pour réguler les tensions naissantes vis-à-vis des groupes secrets.

 

Un destinataire s’il est libre d’action et d’opinion peut traiter comme on l’a vu comme plus haut, aussi bien les documents qu’il a reçu que le fruit de son travail. En situation d’urgence, on présume qu’un acte désespéré (considéré comme hérétique) est tout à fait probable, par exemple pour couper court à toute sollicitation et pour se sortir de l’embarras. Mais existe-t-il une entraide entre destinataires  qui pourrait éviter de rajouter de la provocation à la provocation lorsqu’il y a une alternative ? On mesure alors l’utilité du réseau Internet comme territoire intermédiaire dans lequel pourrait s’étendre cette guerre de l’information et les mesures de sauvegarde. Dès que le réseau Internet a permis la diffusion des documents ummites et des premières analyses, on a pu constater des interventions insolites connexes à la thématique. Subrepticement et en toute simplicité sont apparus des documents dont l’origine est incertaine et qui font encore débat, le plus connu étant le document SL-9.

 

Le problème de fond ne se pose pas vis-à-vis d’une rivalité des communautés pour le contrôle des documents. Il n’est pas opportun de poser la réflexion en ces termes, celle d’une confrontation entre ceux qui possèdent et ne divulguent pas et ceux qui cherchent à reconstituer un puzzle avec des fragments disparates. Le point d’achoppement porte à la fois sur la finalité du cheminement intellectuel qui devrait aboutir vers une synthèse et sur la politique d’exploitation des documents. Que veulent les enquêteurs au fond d’eux-mêmes et jusqu’où sont-ils capables d’aller pour atteindre leurs objectifs ? C’est tout un débat animé de controverses. Les destinataires parmi les plus importants réclament une extrême vigilance car des vies humaines seraient en jeu. L’acharnement sur le contenu focaliserait d’après eux trop l’attention et sous estimerait la part tout aussi cruciale du contexte interactionnel entre l’expéditeur, le medium et son destinataire Quel statut donner alors pour les partisans de l’hypothèse E.T. au corpus ummite ? Une construction qui prend pour cible des destinataires avec pour effet de stimuler l’imagination, d’en mesurer les effets comportementaux et les applications concrètes ou un foyer permanent d’interrogations qui réclament un effort constant d’interprétations jusqu'à en cerner la quintessence ? On ne peut négliger ce facteur humain car il monopolise les efforts de différentes communautés gravitant autour du sujet ummo. Les intentions ne sont pas toujours compatibles entre elles, souvent contradictoires elles aboutissent à des péripéties et des affaires bouleversantes difficiles à décrire.