RENONCIATION ET DELEGATION

 

Il ne peut y avoir de liberté de paroles pour ceux qui traitent directement avec le niveau le plus proche de la source ummite. Chaque acteur engagé dans cette partie, agit par nécessité pour camoufler ses intentions, entretenir la rétention de l’information, maintenir la confidentialité. Entre se cacher pour ne jamais apparaître et faire semblant de ne rien en connaitre nous avons deux extrêmes entre lesquels se déploient toute la complexité des mesures conservatoires. Tout cet art de la discrétion au service de la protection d’une communauté d’initiés qui doit si elle veut survivre maintenir des règles strictes dans la durée. Il est invraisemblable d’arriver à ce niveau sans faire une expertise sur les comportements humains. La veille sur les mouvements d’opinions ovnistes se fait par une attention portée à toutes manifestations qui porteraient un intérêt particulier sur les thèmes directement issus de l’étude des documents ummites.

 

Dans la perspective d’une communication ouverte et pour limiter toutes les tentations d’en dire trop, de se préserver du témoignage inopiné, de reprendre la main à la suite d’une confidence ou d’une trahison, les procédures conservatoires seraient celles ci : Dialoguer et faire en sorte de se positionner en infériorité face à tout interlocuteur, ne pas heurter et se fondre dans la masse par mimétisme. Etre attentif et ne jamais se valoriser si ce n’est pour faire parler d’autres personnes et transmettre un message fruit d’une concertation au sein du groupe secret. Feindre la normalité par la dissimulation d’activités secrètes à l’aide d’interfaces protocolaires de gestion de communication et ajuster toute représentation de soi-même dans un exercice de simulacre interactif en grandeur nature qui prend l’aspect d’un jeu de rôles.

 

Une autre manière de procéder serait de construire une plateforme de communication qui mutualise les compétences, protège l’intimité en proposant comme support d’interaction une facette virtuelle comme représentation unique au monde. Cela concourt à rassembler un collectif autour d’une seule entité, comme un pseudopode qui assurera l’exécution d’interventions multiples issues d’horizons divers. Le collectif parlerait au travers d’une même entité d’une même voix mais changerait de mode d’expression et d’intervention selon la constitution du collectif. Tant de précautions pour dissimuler une organisation, renforcer la cohésion interne et limiter les frustrations par la mise en route d’une liberté d’expression soumise à régulation. Un atout si on cherche à garantir une protection du secret dans un effort collectif et valider de nouvelles procédures.

 

C’est la phase de la dissociation entre une identité réelle et sa fusion dans une personnalité simulée qui regroupe différents niveaux d’accès desquels s’expriment autant d’acteurs qu’il est utile pour une intervention. Cette mise en retrait de sa propre personne, cette intervention par interposition de média et les barrières psychologiques construites pour contenir les pulsions sont simultanément un puissant outil de régulation d’un collectif disparate et de mainmise sur les débordements potentiels d’un collectif. Il devient difficile pour un individu ou un microgroupe de résister à un tel regroupement qui s’exprime d’une seule voie et sait tisser des fils invisibles pour orienter à distance les comportements.

 

Comment contrôler cette passion qui pousse le chercheur à communiquer ses découvertes ? Comment contrôler la volonté de libérer sa conscience et le besoin de reconnaissance ? Sinon en rendant impossible de tentative de reconstitution du profil psychologique, bloquer les efforts ou faire en sorte de les orienter dans des impasses afin qu’ils n’aboutissent jamais. Construire une zone neutre de tout enjeux, un terrain d’observation entre ceux qui cherchent à pénétrer la communauté secrète et ceux qui restent en périphérie à la recherche d’une fuite d’information, d’indices, d’actes révélateurs ou pratiques réflexives. Pour atténuer ces risques il est tentant de créer des échappatoires, un exutoire pour qu’un contacté communique en toute sécurité même si la tentation est forte pour lui de hausser la tête, de se différencier en révélant ce qu’il a acquis au sein de cercles d’initiés.

 

Perdre son identité au profit d’une structure d’influence invisible est source de frustration. A cela s’ajoute le risque de se sentir diminué par une personnalité de substitution qui ne correspondrait pas à son identité, retardant ainsi le moment de trouver un équilibre entre liberté d’expression et désir de reconnaissance. Un moyen de contourner ce problème de l’emploi d’un supplétif qui joue le rôle de représentant et assumera toutes les retombées désagréables. Une sorte de porte flambeau.

 

On retrouve ce schéma de la sollicitation d’un supplétif pour en faire un bouc émissaire s’il s’agit d’une coopération ou du fusible pour ce qui a attrait à des opérations de désinformation avec dommages collatéraux. L’intérêt d’un tel dispositif qui assume une part de manipulation se trouve dans son aspect d’observation des réactions comportementales.

 

Vivre l’expérience de la renonciation, serait donc le prix à payer, et si on ressent un besoin de se défouler, de vider son sac, on ferra appel aux exutoires en place, aux supplétifs pour relayer la parole, aux interfaces protocolaires pour agir à l’unisson avec d’autres collaborateurs. Le cumul de toutes les mesures conservatoires épuisera les tentations, restreindra la possibilité de crise de reconnaissance et dérivera les failles psychologiques vers un système d’entraide et d’auto-surveillance : l’effet est tel qu’il bloque le péché de vanité et épuise les fantasmagories non constructives et les frustrations. Pour les situations difficiles, en accord avec toutes les parties engagées, il y a un effet de levier sur les motivations et les croyances personnelles pour traiter préventivement les psychopathologies et les désordres systémiques de représentation de soi et de crises identitaires.

 

Le projet qui s’esquisse serait une politique de dissémination des connaissances et d’influence culturelle pour acculturation progressive sur la base d’un vaste corpus de données extraterrestres, des manœuvres orchestrées en haut lieu, de dissémination contrôlée d’informations pour une ingérence culturelle. Transmettre et rester dans l’ombre pour observer un front de propagation, de diffusion de savoir à partir d’une source, un modèle de sonde sociologique. Utiliser des outils d’interaction évolués comment autant d’interfaces psycho-morphologiques qui dupliquent en la déforment les intentions, les gestes, les expressions. Si on ajoute à cela d’autres jeux d’abstractions sur l’identité on constate une faible confrontation directe au monde. Ceci explique la variété des styles d’intervention SBF, les non dits et l’absence de présentation d’éléments démonstratif, seul était pris en compte des brèves remarques disruptives à but de provocations et d’orientation comportementales avec quelques éléments de supposés apports théoriques inspirés par une convergence de vue avec une présence extraterrestre.

 

Nous avons ensuite le contrôle de la confidentialité dans l’environnement familial et socioprofessionnel. Comment faire confiance quand les amis proches et l’entourage peuvent à tout moment divulguer accidentellement des informations sans intention délibérée ? Partager ses opinions que ce soit pour se valoriser, débattre et croiser les informations sont autant de risques pour disséminer du renseignement stratégique et alimenter sans le vouloir un collationnement de données qui seront autant d’armes pour construire une opération psychologique d’infiltration, de recrutement, de coercition dans le but d’en savoir plus. L’information devrait donc être limitée à un cercle confidentiel et strictement contrôlé. Ceux qui jurent de garder le secret à distance à travers le filtre de l’Internet sont bien naïfs. Ils peuvent non seulement divulguer des informations du seul fait de l’absence de procédures de sécurité mais également subir une attaque informatique dont le but évident est la surveillance électronique.

 

Dans l’affaire SBF / Ummo nous retrouvons toutes ces craintes et précautions. Les brèves remarques laissent supposer une construction d’un mode d’interaction qui simule une communication normale avec une empreinte explicite, des traces délibérées comme autant de pistes alternatives que de propositions de diversion sur des thèmes connexes. Toute la stratégie a été pensé pour que les futures tentatives de reconstitutions d’un schéma d’orientation globale produisent autant un effet révélateur sur les méthodes comportementales employées par les enquêteurs que des questionnements sur cet effort de quête des origines de la part des amateurs passionnés. S’interroger sur soi même et ses propres motivations semble être la ligne directrice de cette stimulation ciselée en direction de groupe précis et d’acteurs du débat pris pour cible. La critique s’il y a lieu de la repenser porterait autant d’interrogations sur les intentions de la source extraterrestre que vers les analystes enquêteurs toujours à l’affut d’une nouvelle perspective de contact.