CE DONT ON NE PEUT PAS PARLER FAUT-IL LE TAIRE ?
On remarquera que l’idée d’un phénomène ovien qui apparait en créant une interface pour concentrer et modifier la perception des observateurs, qu’elle soit la production d’une illusion ou la matérialisation d’une intervention qui apparaît à l’observateur dans un schéma simpliste mais qui cache une dimension plus complexe, est une représentation qui se repend de plus en plus.
C’est peut être une évolution de la pensée et des idées sur les modalités du contact entre exocivilisations avec un écart évolutif considérable. Une réflexion sur l’effet du contact et la compréhension du phénomène ethnocidaire. Pour le cas Ummo, nous retrouvons l’idée d’un plan d’ingérence collectif par l’effort conjugué d’ethnies extraterrestres impliquées dans une synergie pour la préservation et la sauvegarde de tout le biotope face à la forte probabilité d’une auto extinction de l’humanité.
SBF a prolongé cette interprétation par une orientation de la politique d’intervention à plus large échelle, en y ajoutant une dimension nouvelle, celle d’un plan de gestion des capacités psychologique et gestion des ressources humaines dans une œuvre de cohésion des communautés des contactés d’un nouveau type, celle des cellules autonomes orientées par un processus XHM.
Un type d’ingérence se profile à partir des interactions avec les différents interlocuteurs de l’affaire SBF:
- renforcement des réseaux opérationnels XHM pour s’opposer par anticipation aux actions de services de renseignement et de politique de coercition autour du phénomène ovnien
- effort de sensibilisation par des échanges motivés vers des communautés qui travaillent en réseau
- débat sur les formes d’ethnocentrisme qui touchent les scientifiques étudiant secrètement le phénomène ovnien et qui travaillent en vase clos au lieu de transférer les retombées de leurs recherches, quitte à passer par des intermédiaires.
- prédilection pour les engagements sociopolitiques et les mouvements sociaux qui peuvent déboucher sur des tendances révolutionnaires ou des changements systémiques de conception du monde.
Le contre coup de cette nouvelle politique est considérable sur la gestion des ressources psychologique et des problèmes relationnels entre les centre de pouvoirs et les communautés qui se sentent investies d’une responsabilité, qui s’engagent dans une politique culturelle plus activiste.
On ne pourra par empêcher l’apparition de dommages collatéraux sur les simples observateurs, analystes ou enquêteurs se retrouvant au sein d’une tempête médiatique et d’agissements sous couverture dès que l’on pénètre une zone dite de sécurité. C’est qui se profile lors d’un rapprochement avec la source, avec des contactés sous engagement qui mèneraient des opérations clandestines et une guerre froide culturelle entre groupe de contactés autonomes, enquêteurs et agences d’espionnage. Sur ce point on retrouve les anecdotes de l’univers Ummo, les péripéties des communautés de destinataires ou celles plus dramatiques, vécues par les collaborateurs qui ont été pris dans des affaires et qui ont mis leur vie en danger.
On peut s’étonner des déclarations des ummologues partisans de la thèse extraterrestre - qu’ils défendent ou non une position classique ou hétérodoxe - qui justifient une amitié avec les auteurs des lettres sous prétexte que les bénéfices sont supérieurs aux impondérables. Ils défendent quasiment une position équivalente même s’ils s’opposent entre eux par esprit de rivalité ou de compétition : soit pour affirmer une autorité, soit pour rechercher une reconnaissance qui pourrait comme le furent les précédents contactés historiques être une opportunité pour devenir un nouveau prétendant au contact. Le fait qu’ils soient ou non victime d’une expérience psychologique ou le jeu d’une manipulation mentale qu’elle vienne des Ummite ou d’ailleurs, serait un prix à payer pour participer à cette recherche de la vérité. Ce qui compte finalement pour eux c’est l’objectif final, atteindre l’inconnaissable tout en récoltant le maximum de données pour les exploiter pour leur compte et éventuellement les communiquer avec parcimonie. Chacun campe sur ses positions, le cas ummo serait d’origine E.T., thèse défendu par un argumentaire des plus paradoxaux :
L’affaire ummo se distingue d’un gigantesque canular international sur 40 ans parce qu’elle exclu les hypothèses vraisemblables et les explications rationalistes. Ces tentatives qui énumèrent les explications les plus probables s’effondrent une à une avec le temps pour ne laisser que des hypothèses dites « invraisemblables » ou non conventionnelles. Ce raisonnement est des plus intrigants car on rejette des explications caduques ou faibles pour adopter des conjectures plus fortes mais qui sont malheureusement délimitées par les convictions et une perception plus personnelle du phénomène. Les indices à eux seuls ne suffisent pas à constituer un argument de cohérence de la démonstration, c’est tout au plus par une stratégie probabiliste que l’on pourrait établir la vraisemblance ou l’invraisemblance d’une explication sur une autre. Ce principe est loin d’être appliqué pour le cas Ummo.
Cette faillite de la pensée introduit des biais bien connus. Il est toujours possible de construire une démonstration, de la corriger au fil du temps pour que chaque confrontation avec le réel permette de conforter ses convictions premières. La croyance jouant un rôle fondateur, c’est un facteur implicite, non démontrable car considéré comme évident qui provoque par défaut un effet d’intentionnalité sur le raisonnement. La neutralité et l’objectivité mises en avant est déjà parasité car la rationalité évolue dans un univers de catégories mentales à partir desquelles la réflexion et l’émotion influent sur l’orientation de l’imagination qui à son tour renforcera la croyance. Une clôture cognitive dans le même système de représentation du monde se produit. Il est difficile de sortir de ce cercle vicieux, de prendre du recul sur son propre fonctionnement mental pour aborder un nouveau cadre systémique avec de nouvelles représentations. Ce changement de paradigme n’est pas un phénomène qui se produit simplement par l’effort de la volonté, il exige un choc, un doute créatif, un scepticisme qui intègre et met à l’épreuve la personne. C’est une mise en retrait de son propre fonctionnement mental pour élargir son angle de vision et intégrer par un nouvel apprentissage des données originales qui participeront à la réorganisation de la vision du phénomène.
Quels sont les expressions les plus communes utilisées par ces ummologues pour défendre leur position, si ce n’est affirmer que chacun peut récolter à son compte un maximum d’information cohérentes, les exploiter par ses propres recoupements et dans quelques cas extrêmes certains d’entre eux parmi les plus passionnés déclarent être en possession d’informations confidentielles. Introduire une notion du secret dans la démonstration fausse d’emblée les conditions de vérifications et de confrontation des idées. Un climat prédomine avec son lot de soupçons, d’interrogations, de doutes, de frustrations.
Il est bien terrible de conserver un secret, si on le clame, c’est pour un jour le dévoiler après une période dite de sureté. C’est dans les usages. Cela devient problématique lorsque l’on se cache derrière l’argumentaire du secret pour défendre une posture intellectuelle, le raisonnement devient sans fondement, instable, inconstant se dérobe dès qu’il s’agit d’en fixer les limites ou de saisir un point de comparaison avec une autre démonstration. Toutes ces précautions orales sont nuisibles et rendent le sujet que l’on défend incompréhensible à moins qu’il ne débouche sur un état d’esprit et une communication qui lève le voile au fur et à mesure de l’enquête. Toujours sur le fil d’une progression de la confidence et d’une reprise de la liberté d’expression. Est-ce vraiment le cas ?
Un analyste qui déclare détenir un secret mais se refuse à l’exposer devient son propre détracteur car un secret n’en devient un que si on n’en parle pas. A moins qu’il ne s’agisse d’un prétexte pour camoufler ses propres convictions.
Prenons comme exemple : un mathématicien déclare qu’il a résolu une conjecture difficile, on suppose alors qu’il a construit une démonstration solide dont la finalité est la construction d’un nouveau théorème. Si par effet d’annonce il déclare résoudre un mystère tout en refusant d’en apporter la preuve car son travail serait pour lui un bien trop précieux pour être dévoilé inopinément. Ce secret devient sa raison suffisante pour affirmer son talent et pour ensuite se rétracter derrière un bouclier de sécurité. Voici quelques situations problématiques avec comme recours une proposition de conciliation.
- Soit il dit vrai, sa démonstration est solide mais en ne donnant pas la preuve il affiche une impuissance à communiquer un résultat concret. Cette attitude équivaut à un effet d’annonce vide de substance. Le meilleur recours est l’emploi du tiers de confiance entre différente partie, il servira de caution morale pour certifier du résultat sans le communiquer.
- Soit il croit avoir trouvé, il est enfermé dans une croyance en la pertinence de son travail mais sa démonstration est fausse. Il est possible qu’il ne soit pas en mesure de se rendre de son erreur. Là encore il a besoin d’un regard extérieur, lui-même est trop immergé pour se rendre compte, il plus besoin de conseils et d’un accompagnement dans sa démarche de vérification pour lui faire prendre conscience de son erreur.
- Soit il est mythomane, il n’y a jamais rien eu de concret, il est dans une divagation. Il n’y a aucun moyen de trouver un compromis sans le consentement de l’intéressé. C’est avant tout un travail sur l’acceptation d’un échec et d’une prise de conscience de cette fuite en avant. Lorsque la pensée devient paranoïaque, le dernier recours est un démontage en règle des failles comportementales dans son environnement interactionnel pour contrôler tout effet d’entretien ou d’amplification d’une chaine de propagation de la mystification.
- Soit il a résolu le mystère mais a perdu ou oublié le résultat, incapable de retrouver le cheminement de sa pensée il est victime de sa mémoire. Il dit peut être la vérité de son point de vue. Il a peut-être eu en main cette argument fort mais il s’est retrouvé dans l’incapacité de le retrouver ou d’en exposer les détails. Le résultat a peut être existé mais il a maintenant disparu. Le recours consistera à lui proposer une porte de sortie, communiquer sur la défaillance de la preuve tout en affirmant sa conviction, c’est un argument d’honnêteté pour éviter l’ambigüité.
Ces 4 assertions donnent finalement le même résultat, lorsque l’on n’a rien à montrer, face à l’indicible, autant ne rien dire. Le remède global à cette déficience consistera à produire une explication sincère, un sentiment de confiance et d’honnêteté pour aborder ses points faibles et en débattre ensuite. Cette méta-communication sur les caractéristiques incomplètes ou manquantes est avant tout utile pour aider l’analyste à reconnaître ce qui est falsifiable comparativement à une vérité qui lui échappe. Il pourra ensuite récupérer une stature différente pour s’affirmer sur ce qu’il a n’a pas réussi à accomplir par un examen au cas par cas. La capacité de reconnaître ses défaillances n’est pas une faiblesse en soit dès qu’elle ouvre la possibilité de considérer ses erreurs comme une étape de la réévaluation périodique des résultats. Le débat d’idées devient alors possible.
Qui parmi les contactés, enquêteurs, analystes est le plus honnêtes ? Celui qui ne dit rien et ne peut pas parler parce qu’il ne peut pas avancer d’arguments sans trahir la confiance qu’on lui a accordé. Celui qui crie sur les toits détenir des preuves accablantes et affirme avec conviction qu’il a amoncelé des preuves mais qu’il ne peut pas les communiquer car elles seraient si confidentielles et d’un intérêt si considérables pour lui. Celui qui déclare posséder la vérité et maintient malgré tout l’option de changer d’avis pour se préserver des vérifications.
Surmonter l’indicible avec des mots pour transmettre un savoir dont le contenu échappe à la rationalité. Il en reste une coquille vide qui décrit une idée qui marque les esprits tout en introduisant une catégorie de l’originalité qui se matérialise par la conviction et une capacité intellectuelle à faire plier la description de la réalité selon ses propres désirs.
«Ce dont on ne peut parler, il faut le taire», à moins que l’objectif de toutes ces phénoménologies oviennes ne soit plus d’introduire une perturbation dans le système de croyance que de fournir un objet d’observation, cette pièce importée pour une éventuelle déconstruction et reconstruction. Voir se dérober sans cesse la contribution matérialisée dont on peut en faire une dissection est opportunément un agent du changement tant qu’il apparaît comme une possibilité à porté de main, potentiellement réalisable dans un futur proche.
Pour le cas ummo, il subsiste ce corpus de données comme réceptacle de révélations toutes inédites et dont on peut user et abuser dans un jeu d’extrapolation à l’infini même si pour l’essentiel elle constitue plus une source d’interrogations que de consensus. Peut être est-ce là le but ? Faire comme si on était en possession d’une réalité en devenir (probabilité forte, réalité potentielle, réalité virtuelle) mais ne manipulant que la description. La chose (en elle-même) est différente du nom de la chose (de la catégorie du langage).