IMAGINATION, EMOTION ET CROYANCE DANS LA PENSEE EN RESEAU
L’affaire ummo s’est constituée sur la base d’un contenu dactylographié que l’on pouvait montrer et triturer à loisir. L’affaire SBF / Ummo s’est développé comme une greffe en décrivant un nouveau mode d’ingérence moins trivial et plus direct qui cible précisement la psychologie des individus, si ce n’est pas plus indirectement leur cerveau avec tout ce qui attrait à la perception du monde et la construction des cartes mentales personnelles. La méthode a pour but de transformer les pensées et les émotions par l’injonction d’éléments disruptifs, de contraintes systémiques ou de paradoxes, ce qui a pour effet d’engendrer une transformation progressive du champ mental et tout particulièrement la capacité d’imagination. C’est là que réside la nouveauté car c’est ainsi qu’est généré le changement qui permet l’auto modification du système de croyances personnelles. Lorsque SBF est intervenu ce n’était pas tant pour donner une preuve et respecter les contraintes passéistes d’un jeu de communication purement Ummite - dans une tradition reconnue par les initiés et les experts - mais de fournir une opportunité pour aider à la transformation de la perception d’un monde indicible. C’est ainsi que XHM (SBF) a opéré en mettant en relation des individus séparés par des barrières culturelles et géographiques, en donnant quelques indications et promesses pour entretenir une pulsion d’auto motivation et surtout en pénétrant la sphère des capacités inconscientes refoulées, ce potentiel latent qui ne demandait qu’a émerger. Par comparaison on peut dire que Ummo a fourni une boite à outils et que SBF a orienté la perception pour que l’on découvre par soi-même des procédures cognitives de résolution de problématiques concrètes et des techniques de développement personnel.
On peut s’aventurer dans l’ingénierie des croyances pour visualiser ce mode d’influence sur la perception du monde (approche psychothérapeutique orientée vers le résultat, analyse systémique, ethnopsychiatrie) pour qu’un agent extérieur arrive à produire un programme psychologique adapté à celui qu’il cible. Fait étonnant, il est donné au préalable des indications sur ce mode d’intervention comme si l’agent avertissait sa cible qu’il allait procéder de cette façon.
Les croyances affectent les perceptions et la façon de se percevoir soi-même, les autres et le monde. Elles participent à la constitution des cartes mentales personnelles dans une boucle où la croyance détermine la réalité perçue et le mode de traitement de l’information avec comme effet rétroactif une confirmation ou encrage de ces même croyances. « Une croyance n’est pas une idée que l’esprit possède mais bien une idée qui possède l’esprit. »
Etonnant spectacle après l’affaire SBF que de voir les initiés malgré leur érudition surpris par de nouvelles révélations issues de points vus et non remarqués auparavant comme si un filtre opérait au seuil de vigilance pour masquer des informations qui ne sont pas admissibles, non assimilables dans l’état actuel d’un paradigme culturel en cours. Au fil des décennies les cercles de réflexion se sont bâtis autour de doctrines si rigides qu’elles en deviennent des prisons conceptuelles.
Par exemple dans le corpus ummite, il y a tout un pan de la sociologie des connaissances et de l’épistémologie qui n’a jamais été étudié alors que les auteurs ont font continuellement un leitmotiv, une accroche littéraire pour le lecteur. Avec comme idée clé, « ne nous croyez pas », « il faut se méfier du sens commun », «le traitement de l’information est la base du pouvoir ». Cela va beaucoup plus loin car la cosmogonie ummite est décrite comme une théorie unitaire de la connaissance avec une axiomatique qui se réfère d’une logique locale au fonctionnement d’un système formel où la tétravalence jour un rôle fondamental, il en va de même pour toutes les procédures architecturant l’univers culturel donné en compte rendu. Pour arriver à pénétrer cet univers efficacement il est important de se comporter comme un anthropologue qui compare des systèmes culturels entre eux avec un outillage épistémologique adapté, c’est une idée qui est distillée dans la prose ummite et explicitement énoncé par SBF.
Les analystes ont été pris au dépourvu par ces points « vus et non remarqués » précédemment négligés et considérés comme points insignifiants. L’erreur de jugement fut de poser son regard sur un fait social insolite en respectant des conventions passées et répétant les pratiques d’analyse de l’ancienne génération d’analystes par mimétisme en espérant progresser sur ce qui a déjà été fait. C’est s’enfermer dans un mode de pensée strictement opératoire sur des résultats déjà connus, vérifiés et invariablement décortiqués de la même manière. Qui plus est, n’importe qu’elle discipline constituée autour d’une méthode et ayant un objet spécifique, ne pourra pas s’éviter de penser son propre fonctionnement dans un réseau de fonctionnement disciplinaire plus vaste, et finalement se retrouver en face avec ses propres contradiction et limitation interne. Pour s’en échapper et avancer dans une amélioration il est toujours besoin d’une posture de prise de recul pour penser sa discipline au sein de toute une société, en prise avec le fonctionnement interne d’une civilisation. Ce faisant elle devra inévitablement penser aux procédures qui lui permettent d’échanger des informations et de traduire des concepts d’une communauté scientifique vers une autre, c’est déjà une activité en soi qui fait intervenir des notions de sociologie de la connaissance, d’anthropologie culturelle et d’épistémologie. On retrouve invariablement les fondamentaux de la pensée savante coexistant avec la pensée profane. Les penseurs les plus perspicaces arrivent à penser leur propre discipline dans un autre cadre conceptuel et en tant qu’utilisateur particulier de procédures scientifiques et méthodes ils parviennent à se comporter comme un ethnologue profane pour résoudre une problématique qui agite les fondements de leur discipline mais dont la solution est localisée hors de leur propre champ disciplinaire. Dans les problèmes qui touche à la phénoménologie ovnienne, l’analyste face à l’inconnaissable retourne à sa discipline de prédilection pour y récupérer des méthodes et des outils qui ne sont pas du tout adaptés à la situation qu’il affronte. Il pourra aisément décomposer le problème en sous catégories qu’il pourra décortiquer au microscope mais la vue d’ensemble lui échappera complètement. Les démonstrations locales à son propre domaine de compétence seront possibles mais toutes explications d’ensemble sur la base d’inductions à partir de domaines qu’il ne maitrise pas ou qui seraient « vus et non remarqués » seront sujettes à caution et en toute probabilité à mettre entre guillemets car du ressort de sa propre subjectivité.
Combien de niveaux de lecture faut-il pour découvrir ce qui a échappé à l’attention ? Combien de répétitions et recoupements pour parvenir à sortir d’un labyrinthe que l’on a soi même construit ? Comment faire pour suivre les indices d’une sortie improbable vers un autre niveau de connaissance ? C’est la quête du point d’observation plus étendu sur un univers de représentation à tiroirs multiples où les résolutions des premières énigmes apportent de nouveaux questionnements et ouvrent de nouvelles pistes de recherche. L’initié sortirait d’un jeu de piste pour atteindre un point d’observation plus riche en indices et ensuite porterait tous ces efforts pour poursuivre son but : atteindre cet indicible et le cerner par une description de plus en plus précise. C’est pour le chercheur passionné par le mode de diffusion des comptes-rendus ummites, une scrutation des indices disséminés dans une prose supposée ou non extraterrestre pour en extirper tout ce qui pourrait expliquer les agissements potentiels d’extraterrestres sur notre planète. Une plongée dans un mode de vie reconstitué, l’appropriation d’idées par un processus d’acculturation avec un contenu culturel exotique. Le risque d’enferment et de limitation à un corpus mort qui est l’image inanimé d’un pillage intellectuel devient flagrant. Le compte-rendu ne sera jamais la vie telle qu’elle est dans sa complexité, seulement une description limitée par ses auteurs aux seules conditions spatiotemporelles qu’ils voudront bien données.
C’est littéralement une question de survie intellectuelle, il est nécessaire de trouver une échappatoire, une porte de sortie vers un niveau d’ordre supérieur susceptible de contenir un accès vers des résolutions de problèmes de niveau inférieur. Lorsque ce n’est pas directement la source qui intervient pour diffuser son message, nous avons les groupes de contactés qui mettent à l’épreuve la patience des amateurs et des enquêteurs. On peut se demander jusqu’à quel point ils sont autonomes ou asservis. S’ils n’opèrent pas sous couverture et obéissent à des injonctions de la source pour mettre un frein si besoin à un intérêt public qui devient trop envahissant. Ils constitueraient alors une ligne de front entre eux et le réseau social, un mode d’action indirect pour pénétrer les cœur des hommes, sentir les mouvements d’opinions et traduire des schémas de pensées d’un référentiel exogène vers un autres plus compréhensible.
Les réseaux électroniques comme moyen de changement de l’opinion publique, de relais d’information alternative sont maintenant le point de départ de nouvelles guerres de l’information entre sociétés civiles minoritaires et centre de pouvoirs. Les idées extraites du cas ummo sont subversives et constituent dans bien des cas la motivation d’une révolution culturelle comme enjeu de société. La source ummite a depuis longtemps pris en compte l’importance de la révolution numérique pour dans l’histoire de la terre, elle l’a même prévue comme une évolution de la collectivité humaine qui opère une douloureuse mutation de civilisation entre la société de production de biens et la société de l’information et de services. La nature de ce changement de société est si considérable qu’il participe à une mutation culturelle de grande ampleur engageant toutes les ressources cognitives et pratiques sociales. On a pu remarquer cet intérêt depuis quelques années, manifestement par des rapports électroniques et des lettres évoquant le travail collaboratif sur Internet. Lorsque les premières communautés de passionnés mirent sur Internet les premiers documents dactylographiés, initiant ainsi une longue réflexion sur la traduction d’un message insolite et son exploitation par des échanges électroniques uniquement par email, cela fut une étape majeure dans le regroupement de force de travail non localisé constituant un collectif plus efficace et opérant à plus large échelle. La source a bien évidemment été attentive à ce changement de cap et porté son intérêt à toutes ces nouvelles communautés ovnistes de contre-culture. Cette tendance s’est renforcée par la diffusion d’apocryphes et de nouvelles lettres spécialement conçues pour être diffusées par ces nouveaux réseaux d’échanges. Ce qui a provoqua des effets induits par l’activité collaborative dans des communautés virtuelles. Les nouveaux documents reçus comme apocryphes étaient ensuite exposés et étudiés dans ce qui maintenant est bien connu, une guerre de l’information entre communautés d’intérêts rivaux ou contradictoires. Que cela soit le fait de collectifs de lecteurs curieux, d’analyses expérimentés, d’ufologues détracteurs, de scientifiques et groupes de pression divers rivalisant de talent pour dénigrer un phénomène jugé soit inacceptable soit dangereux. Nous retrouvons les « anti », les « pros », les « neutres » et les « observateurs » tous concernés de prés ou de loin par la réalité ou la probabilité d’une ingérence extraterrestre dans les affaires humaines.
L’avènement d’un nouveau mode d’échange d’information électronique et de traitement de l’information comme mutation de société est un terrain d’étude privilégié pour observer les tendances et les mouvements d’opinions mondiaux, car Internet depuis qu’il a cessé d’être un réseau de recherche universitaire pour devenir celui du grand publique, du commerce et des systèmes financiers est devenu un enjeux si vital qu’il monopolise à lui tout seul des agences des investissements considérables de la part de services de renseignements, des institutions militaires et financières. Le réseau est devenu également le terrain privilégie de la guerre cognitive, de la guerre électronique, de la propagande politique, de la surveillance globalisée des individus, des avoirs financiers et des biens.
La source ummite est supposé participée à un réseau 2.X de coopération avec les autres ethnies extraterrestres (cf. NR). On peut supposer à la lecture des documents que 2.X a bien évidemment investi l’univers médiatique et de télécommunication comme moyen de faire de la veille sur les activités humaines et probablement pour écouter ceux qui écoutent, se plaçant ainsi dans une position stratégique supérieure par rapport aux organes de pouvoir et les puissances militaro-industrielles, qui d’après eux serait l’émanation de nouvelles sociétés oligarchiques et futures autocraties constitués pour régenter un nouvel ordre mondial en train de naître.
Il en est de même pour SBF (XHM) comme réseau d’ingérence plus spécialisé :
- A porté son intérêt à la constitution de nouveaux mouvements d’opinions pouvant aboutir à la constitution de communautés d’activistes et de nouvelles sociétés civiles électroniques. En participant à une ingérence très ciblé, ce réseau espère que les moyens de la guerre électronique et cognitive seront progressivement assimilés pour donner un moyen d’opposition et de révolte plus efficace contre ce qui menace l’existence même d’une libre pensée, qui entrave l’expression naturelle d’une communauté humaine luttant pour la préservation d’une éthique universelle, responsable de son propre destin et participant volontairement aux modalités du changement de civilisation face aux défis à venir. Ce constat est devenu tellement important qu’il est même devenu prioritaire car l’infosphère suscite tellement de convoitise, devenu de fait un relais du pouvoir et de transfert de capacités intellectuelles qu’il est maintenant véritablement menacé par l’exercice d’une autorité qui ne serait pas justifiée et qui censurerait l’expression selon son bon vouloir. On retrouve là quelques péripéties de l’affaire SBF (censure, modération et création d’une nouvelle charte) mais plus généralement cette remarque touche un comportement plus légaliste des centres de pouvoirs qui considèrent le réseau comme un terrain de bataille qu’il faut maitriser d’où la porte ouverte à un attirail législation restrictifs ouvrant la voie à une régulation de l’information et un contrôle plus stricte de la société civilise dans l’espoir de créer cette nouvelle société de l’information qui serait si elle n’est pas soumise et complètement sous contrôle devenu un masse média sous l’épée de Damoclès de nouveaux moyens de pression dissuasifs et de coercition plus discrets.
- A insisté pour que ces nouveaux courants d’activistes ou de mouvement d’opinions s’ils éclosent ne soient pas contaminés par des communautés adverses qui essayent de les étouffer par la force brute. Le souhait est de les voir se démarquer de sources E.T. et des autres communautés de contactés, pour qu’ils ne soient pas subordonnés et défendent des valeurs et une identité spécifique en toute liberté, c'est-à-dire avec une influence limité et raisonnable qui les dégage de plans d’emprise malsaine. C’est l’idée de constitution d’un projet collectif non localisé autonome, responsable et adaptable qui serait le laboratoire de la société de demain comme une image en miniature de ce que pourrait représenter l’activité agissante d’une conscience collective luttant pour la préservation du droit à une vie libre dans un environnement spirituel et écologique sain.