LA VIE NE S’ARRETE PAS A UN PROTOCOLE
Le point de départ de l’affaire SBF / Ummo était de savoir s’il fallait se représenter l’intervention de SBF comme une émanation de l’affaire ummo. Un conflit idéologique entre courant d’opinion s’est constitué produisant de profonds malentendus sur l’intérêt ou non d’aborder des idées qualifiées d’hétérodoxes (qui ne se conforment pas aux idées communement admises dans le domaine donné). Ce point d’attribution et de signature de l’intervention SBF a pourtant été clairement annoncé dès le départ. (cf. recap sur les interventions classiques versus interventions anonymes). Il pourrait s’agir d’une greffe idéologique sur l’environnement ovnien ummite pour délibérément parler d’un ensemble de problèmes plus généraux et plus vitaux qui ont tous un point commun avec l’essentiel de l’affaire ummite et qui en constitue un prolongement.
Dans cette optique on pourrait imaginer que l’affaire ummite n’est qu’un épiphénomène d’un plan polymorphe d’ingérence dans le tissu social et spirituel. Une intrusion dans les niveaux subliminaux de l’imaginaire et de l’inconscient pour y apporter une composante mythologique et scientifique d’une nature exotique mais fonctionnelle. Dans ce sens on peut dire que l’affaire SBF / Ummo n’est pas une affaire ummite classique et ne l’a jamais été revendiqué comme telle. On peut la voir comme l’introduction d’une nouvelle sphère d’influence plus vaste et plus diffuse qui ne s’expose pas et qui met en avant directement des personnalités pris pour cible pour provoquer chez eux un développement personnel et une orientation de leur activité intellectuelle dans une zone de capacité compatible avec leur biographie. C’est ainsi que tous les intervenants qui ont participé aux agissements de SBF se sont retrouvés dans une opération psychologique pour les transformer. Touchés dans leur être intérieur et transfigurant leurs talents comme, ils ne seront jamais plus comme avant. Un contact plus spirituel et invisible, provoqué à distance avec une zone de connaissance dont on n’est pas certain qu’elle existe réellement et qui pourtant porte en soi une capacité de changement. SBF a introduit la potentialité d’une intrusion de type XHM dans la vie de personnalité plus ouverte et plus réceptive à un environnement informationnel métapsychique. D’où un intérêt porté à la perception extra sensorielle, à la métaphysique et surtout à la sensibilisation au caractère probable d’un destin collectif que l’individu pourrait infléchir par une modification de sa perception des problématiques planétaires en y intégrant une dimension supplémentaire, la connexion à une noosphère multidimensionnelle avec laquelle on interagirait pour favoriser la construction d’un avenir collectif viable pour tous. Cette idée est compatible avec la cosmogonie ummite décrivant la permanence d’une réalité métaphysique sur les contingences matérielle comme développement du vivant et plus particulièrement le rôle de la conscience collective planétaire et de la connexion physique qui la relie avec l’univers des âmes à travers le cerveau de l’homme.
Avec SBF on ne décrit plus une idée, on la provoque pour permettre à ceux qui l’observent de la décrire dans leur propre langage pour se l’approprier et la communiquer ensuite.
On peut voir l’intervention SBF comme la reproduction de la mythologie du prédicateur :
- apparition d’un prêcheur provocateur
- création du chaos
- disparition du prêcheur
- reconstruction des communautés sur de nouvelles bases
- rédaction des nouvelles méthodes, foisonnement de doctrines
- mutation culturelle ou changement de paradigme
- construction de mouvements dissidents et de contre culture
- apparition de nouveaux initiés et rivalités des prétendants, conflits idéologiques
- nostalgie des émotions révolutionnaires, référence au changement
- constitution de la légende du prêcheur ou d’une hagiographie
Nous retrouvons un environnement générateur de polémiques, un contexte houleux avec du bruit et de la fureur tout particulièrement dans les affaires d’authentification et de validation de preuve. Cette impossibilité de trancher est le résultat d’une préméditation de la part des auteurs. On peut imaginer les conditions d’une communication en vase clos qui sera à tout moment contrôlé et suspendu par la seule volonté de la source. La raison donnée est la limitation des risques d’une propagation de la présence E.T. autres sphères de la société en déclinant toutes les incitations à lever l’ambigüité par des indices probants qui feraient l’unanimité. Le cas ummo est construit comme une affaire dont les comptes rendus et les rapports émis par les auteurs sous soumis à un protocole de verrouillage. Ce qui la rend extrêmement difficile à appréhender pour un lecteur inexpérimenté.
Le présent article, qui à pour motivation de dresser un panorama et motiver une réflexion critique pouvant être considéré comme hétérodoxe ou hors sujet pour les puristes, est le seul moyen que j’ai trouvé pour résoudre les difficultés d’une enquête difficile, prendre du recul et réfléchir sur mes observations tout en donnant l’opportunité d’ouvrir des pistes pour d’autres. Ces péripéties ont eu lieu il y a maintenant quelques années (2003), même si les répercussions en sont encore vivaces, certaines protagonistes ou observateurs privilégies ont peu être tourné la page, préférant se libérer l’esprit d’un épisode difficile à assumer. Les autres, ceux qui découvrent et reprenant à partir de quasiment rien, ne peuvent s’en sortir dans ces dédales qui ont été construit au fil du temps. Il reste de la documentation et des livres quelques fois difficiles d’accès (CF biblio).
La reprise d’intérêt pour le dossier ummo est toujours latent, les anciens protagonistes peuvent être à l’écoute même s’ils ont changé de mode de vie, d’environnement intellectuel quant aux nouveaux venus, c’est toute une affaire d’apprentissage et de collecte du renseignement difficilement acquis par les précédents analystes. Le transfert de connaissance se fait extrêmement mal, il est quasiment dépendant de la bonne volonté des intéressés. L’opportunité est faible pour les lecteurs anonymes de briser quelques obstacles pour saisir des témoignages et opinions inédites afin qu’ils se fassent leur propre idée de l’histoire telle qu’elle a été raconté et vécues selon les points de vues, et telle qu’elle a eu lieu en tant que phénomène sociologique.
La part d’inconnue se fixe sur la capacité de ces nouveaux lecteurs anonymes de s’engager vers une critique du fond, d’arriver à penser des choses que l’on n’a pas l’habitude de penser, en liant des situations et des récits non conventionnels, en naviguant en toute liberté dans des savoirs différents. Ce lectorat bien que réduit est peut être le seul lien qui reste avec la mémoire des événements passés. Il s’est bien passé quelque chose de difficile à comprendre, dont on ne connaît pas les mécanismes et la logique. Pourtant les conséquences sont là, des effets notables, mesurables aux conséquences multiples, parfois destructeurs et parasitant pour les uns, et fonctionnels et enrichissant pour d’autres.
Dès que le lecteur découvre le travail d’un analyste qu’il ait une réputation ou soit en quête de reconnaissance, ce lecteur d’où qu’il vienne apporte en lui un background, une position subjective d’entrée de jeu. C’est d’autant plus important lorsqu’il s’agit d’une communauté de lecteurs partageant les mêmes idées, ce n’est pas irrémédiable mais cela induit des biais, un apriori avant même l’examen du dossier. Ce mécanisme très bien décrit par la « méthode documentaire d’interprétation », explique comment se font les ancrages d’opinions et le cheminement intellectuel qui permet de bâtir sa propre connaissance à partir des actions précédentes d’acquisition du savoir. En quoi cela est-il pertinent ? Cela réduit le lectorat concerné et mis à part les curieux anonymes, l’effet médiatique des affaires ummo est véritablement réduit d’autant plus que leur compréhension est difficile.
Ma motivation au cours de la rédaction de ces notes était que malgré tous ces obstacles, l’immersion progressive et la connaissance de l’affaire SBF pouvait diverger vers une vision complémentaire des sujets connexes à l’affaire SBF / Ummo et m’aider moi, ainsi que d’autres analystes à construire un tableau d’ensemble, un dresser un panorama des idées inexploitées. Les limites de l’observation sont patentes, on peut les décrire comme un obstacle pour saisir une complexité formelle. Iil faut savoir sortir d’un modèle de pensée, se mettre en cause et objectiver ses acquis, pousser ses limites afin de regarder dans un ailleurs, au-delà de ce que l’on a l’habitude de voir.
"On ne peut pas faire l'économie d'être vivant" cette citation de Robert Jaulin ethnologue, illustre la difficulté pour l’observateur du fait social dans une posture de l’anthropologue de terrain (qu’il soit profane ou savant) de maintenir une relation viable et des échanges sociaux avec les personnes qui ont constitué son environnement d’étude. L’observateur participe au monde qu’il observe, qu’il le veuille ou non, il est moralement engagé du fait de son intervention. Se soustraire à cette responsabilité, c’est nier sa participation à la construction sociale en tant qu’observateur immergé. L’observateur de la réalité sociale n’est pas une machine sans âme et ne peux se résoudre à traiter que des abstractions et des modèles théoriques. Il peut être indifférent un temps à son environnement pour construire des comptes-rendus ou pour formaliser son enquête mais ne peut oublier qu’il est lui-même porteur de catégories mentales et donc de croyances qui influent son jugement et ses perceptions lorsqu’il est sur le terrain. La représentation qu’il se fait du monde par la modélisation ou l’abstraction n’est qu’une construction artificielle utile pour prendre des décisions mais elle ne peut se suffire à elle-même. Lorsqu’il désire produire un savoir sur ce qu’il observe pour le partager il lui est nécessaire de ce réconciliation avec les êtres vivants, de sortir de sa bulle, d’éviter de se dissocier avec la réalité sociale pour au moins débattre, se confronter aux autres, partager des pratiques et des expériences.
En développant un peu plus, on peut ajouter que les qualifications à elles seules ne peuvent suffire, le contrôle d’émotions doit être pris en compte ainsi qu’une éthique pour s’investir dans l’action lorsque les circonstances l’exigent. Cette idée n’a rien d’évidente, elle provient d’une évolution des idées philosophiques, de l’éthique et plus simplement de la volonté de vivre en harmonie avec son environnement.
Pour l’affaire Ummo, cette situation est décrite comme la responsabilité d’intervenir et de communiquer pour sauver la civilisation terrestre de sa propre auto destruction. Engagement qui est dépendante de l’histoire de l’exocivilisation et ses idéaux mais cette responsabilisé est modérée par une autre conséquence, la destruction des assises de la civilisation terrestre par une emprise trop forte et un choc culturel qui ne serait pas convenablement assimilé.
L’anthropologue qui étudie une société est porteur d’une exigence morale qui est afférente à une éthique de l’action. Il lui est difficile de se soustraire à sa responsabilité de laisser des êtres humains mourir inutilement s’il peut les sauver, de ne pas participer par ses actes à la destruction de l’environnement qu’il étudie même s’il le fait pour collecter des données sur le milieu qu’il observe. Observer un malheur sans rien faire serait immoral mais il y a plus encore, il est légitime de défendre les intérêts de ceux avec qui on partage des relations dans le respect de la liberté de tous et en accord avec les morales respectives de chacun et dans le cas échéant de prendre les devants pour sauvegarder d’un tragédie future, comme le serait un génocide, une guerre ou le pillage intellectuel d’une certaine anthropologie qui détruit et fige les objets culturels en chose mortes au lieu de s’intéresser aux pratiques qui les ont fait naitre.
SBF part ses actes ouvre le débat sur un mode d’observation et d’ingérence différent, celui de l’acculturation dont l’effet et d’agir par interposition de position dominantes pour rallier à des idées des populations cibles (individus ou communautés) ou influer indirectement sur le cours des pratiques sociales par la création d’une provocation qui devient une réaction en chaine (choc culturel, breaching, acculturation) avec dans un second temps la propagation d’une information idéologique constructive et fonctionnelle (rétroaction néguentropique). Ce protocole d’échange, de communication, d’intervention, de liaison et d’interactions societales n’est pas conventionnel.
Pris sur le vif d’une mise en situation des plus complexes où opèrent à la fois un agent d’observation extérieur (SBF + protocole + XHM) et un agent de terrain qui traduit les catégories mentales en situations environnementales (supplétifs + agents de liaison). Au terme de cette intervention et devant les effets induits volontairement et préparés en amont, supervisés en cours d’activité et après la disparition de SBF suivit dans ses répercussions à long terme (monitoring sur les conséquences). Les protagonistes et populations cibles se sont retrouvés avec un vide, une perte d’information, une absence de relation et un mystère plus grand encore. La symbolique était forte, il fallait faire réagir et surtout relancer la responsabilité et la motivation de nouveaux observateurs attentifs avec l’implication de nouvelles personnalités – plus ou moins à leur dépend - et les convaincre devant le fait accompli ou par devoir moral.
L’anthropologue profane ou savant intervient avec deux représentations mentales de référence, la sienne propre et celle du terrain, il construit une interface pour faire de l’enseignement et initier une responsabilité individuelle et indirectement ouvrir une porte pour restituer une pensée en mouvement comme l’image animée d’une culture vivante. La vie de s’arrête donc pas à un protocole.