CULTURE OVNIENNE ET CONTRE CULTURE
L'affaire Ummo qui s’étale sur plus de trois décennies a attiré dans ses filets toute une société d’enquêteurs méticuleux, passionnés et une myriade d’observateurs curieux et perplexes. Beaucoup plus rares sont les recherches scientifiques qui ont pour but de trouver du sens et d’apporter et de valider on d’invalider les arguments de cohérence et les idées extraites du dossier. Avec le temps s’est constitué des communautés qui avec Internet se sont organisées pour constituer une force intellectuelle afin de décortiquer, intégrer des résultats, faire des publications grand public ou semi-confidentielles et enfin avec beaucoup de mal proposer des modèles théoriques pour une reconstitution du phénomène. Ces modèles s’ils ne sont pas prospectifs ou prédictifs ont pour ambition de combler un vide, fournir une explication à cette production insolite de lettres dactylographiées et d’apocryphes. Cela en fait le plus important dossier d'ingérence supposé extraterrestre et restitué par des rapports écrits de leurs auteurs. Un dossier qui résiste au temps, comblant de joie les amateurs par les mystères toujours aussi vivaces, faisant fulminer les ufologues classiques qui n’ont que peu d’observations à analyser, reportant l’essentiel de l’affaire à une vaste opération psychologique dont les auteurs ne sont pas clairement identifiés. Les plus passionnées trouvent même que la saga Ummo possède une particularité qui détonne des autres affaires ovniennes, ils y trouvent leurs intérêts et deviennent des fans spectateurs d’un spectacle ouvert sur des décades car cette affaire mêle étroitement intervention des services secrets pour conter l’opération ummo, rebondissements des interventions avec multiples canaux d’information et de désinformation, guerres secrètes entre réseaux d’influence avec ou sans la complicité de contactés et de supplétifs de tous bords.
Dans ce contexte aucune institution gouvernementale ne peut pas se permettre de classer l'affaire et ce malgré les théories divergentes sur l’identité et les motivations des auteurs. Dans l’impossibilité de concevoir le problème ummite et dans un souci de le dégager de toute répercussion sociale dommageable à la sécurité nationale, la surveillance des communautés d’ufologues et de contactés devient un enjeu pour le renseignement intérieur et pour une prospective sociologique ciblant les contre-cultures.
En dehors du fait que les auteurs ont dressé leur propre liste d'hypothèses concernant leurs identités probables telles qu’elle serait déduite par la lecture des rapports (CF. LETTRE). Pour certains observateurs il s'agirait de groupes de scientifiques en dissidence contre un ordre mondial en décadence, des transfuges du renseignements et du complexe militaro-industriel en rébellion et qui dénonceraient les dérives totalitaires et absurdes de la gestion des affaires planétaires, l’échec des doctrines politiques et des théories révolutionnaires, qui condamneraient l’emprise toujours croissante des multinationales et des groupes d'opinion sur la recherche scientifique, fustigeraient avec la plus extrême sévérité l'imposture d'un humanisme utilisé comme étendard alors qu'il n'est pas appliqué par ceux qui le brandisse, humanisme sacrifié au profit de la « real-politique ».
Et la liste des hypothèses, ne fait que s'allonger le temps aidant et l’apparition des nouveaux analystes toujours enclins à explorer les pistes inexploitées ou d’en proposer de nouvelles. Ceux là, ont perçu une formidable machination planifiée par des extraterrestres pour des opérations d'expérimentation psychobiologiques et sociocognitives sous la surveillance étroite d'agences gouvernementales, si ce n'est tout simplement une ingérence d'apparence pacifique qui cache un plan trop sophistiqué et des instigateurs qui sont hors de portée de la compréhension humaine, d’où une critique toujours constante sur une interprétation trop simpliste et littérale du corpus sans remise en question de la finalité et des moyens. C’est aussi une réflexion sur une modélisation des motivations de civilisation extraterrestre en exploration scientifique sur notre planète. Les concepts de théories de « making-off » ou de « méta-scenario » validant une nouvelle réalité phénoménologique à niveau d’ordre multiple. Ce qui est visible, c'est-à-dire les rapports écrits est spécifiquement émis pour être perceptible et progressivement assimilé comme le serait tout transfert de connaissance initié par un procédé d’acculturation planifié avec un accompagnement. Les comptes-rendus des auteurs ne constituerait pas une vérité sur la nature fondamentale des auteurs mais serait la base d’un modèle didactique pour modifier le système de croyance du lecteur et l’amener progressivement à intégrer une cosmogonie différente avec un écart en terme évolutif par rapport à la civilisation planétaire sur la base d’un modèle rationaliste critique.
Une autre théorie plus trivial, celui du chantage politique et de démonstration idéologique, l'action d'une société secrète cherchant à prouver sa capacité opérationnelle de contrôle social vis-à-vis de centres de décision en montrant son talent à construire des opérations psychologiques et à faire des révélations choquantes dans le but d’avoir en contrepartie un bénéfice donnant droit à une reconnaissance.
La conclusion est délicate car il y a toujours cette constance à ne pas révéler l’incapacité à saisir ou contrôler les instigateurs du phénomène ummo. Il y a constat d'impuissance à révéler l'identité et à fournir la preuve d'une stabilité de la perception du phénomène dans les catégories citées plus haut. Le phénomène se joue de l’observateur par sa constance à s’autodétruire et brouiller les pistes. Dans tous les cas ils ignorent tout de la source ainsi que des groupes de contactés si tant est qu’ils existent. Ils ne savent même pas si on doit parler d'un groupe constitué autour d'un leadership, de cellules autonomes, d’individus isolés communiquant secrètement, ou d’une structure coopérative à plus vaste échelle.
Le seul point sur lequel tout le monde s'accorde c'est qu'il ne peut s'agir que d'un niveau scientifique de haut niveau pour arriver à maintenir un tel niveau de cohérence scientifique et de multiplicité dans la combinaison des plans d’action qui se parachève dans une faculté de désinformation pour clôturer leurs interventions et préserver leurs propres libertés d’action.
Le fait qu’en 2003, sur Internet, une communauté a été confrontée à un échange insolite puis à un semblant de reprise publique des échanges (NR-x) a de quoi relancer l’enquête sur la reprise des échanges avec la source autour de la prépondérance des réseaux d’échanges électroniques. Le fait que cette relance de l’intérêt et du scandale a été incité par l’affaire SBF dans un mode interactif très directif et provocateur à courte durée de vie et ensuite de manière indirecte par la réception d’apocryphes, avec de vraies fausses lettres, de fausses vraies lettres, et finalement de lettres authentifiées ou incertaines. Ces péripéties sur la valeur à accorder aux apocryphes indécidables ont constitué un tournant dans l’analyse publique et coopérative des documents ummites sur internet. Ces épisodes qui laissent à penser que ces interventions émaneraient soit d'un contacté ou de sa communauté, soit chapeauté par une autorité qui a un lien avec la reprise du contact mais cette fois avec un objectif d’assister aux répercussions graduelles sur les communautés virtuelles dans la continuité de ce qui c'est déjà déroulé par le passé. (cf. recap)
Est-ce l’indice d’un plan concomitant de remise en route d'une dynamique de recherche et de dénonciations des faillites comportementales ? Est-ce une tentative complexe pour parvenir à partir d’un premier choc culturel (scandale SBF), de produire un chaos régénérateur des motivations non pleinement exploitées et pour résoudre en parallèle une liste de contraintes et de problématiques propres à tous les intervenants impliqués directement et indirectement par une divulgation progressive du secret ?
Tous les questionnements nouveaux indiquent un point de rupture qui a fait éclater au grand jour les limites de la compréhension et l’impossibilité pratique d’y faire face sereinement. Pour continuer à avancer il faudrait construire un autre mode d’organisation, une nouvelle politique culturelle, réfléchir sur une éthique de recherche et surtout travailler sur la constitution de différents espaces de débats adaptés au contenu et aux motivations des lecteurs. C’est la prise de conscience de l’importance du réseau Internet pour l’exégèse du dossier et la participation d’acteurs d’horizons divers dans l’enquête scientifique.