INGENIERIE SOCIALE ET CHOC CULTUREL
L’affaire ummo se singularise par sa virtuosité à créer un univers propre à la fois théorique et mythologique dans lequel les auteurs vont construire des plans d’intrusion dans l’espace mental des contactés, au sein de communautés de lecteurs passionnés ou de fans en état d’écoute permanente, cercles d’étude attentifs et scrutant des indices cachés, prêt à investir un effort considérable pour résoudre autant de mystères possibles que de réagir à des questionnements particuliers. L’épisode SBF n’a constitué qu’un épiphénomène, une confrontation à la marge du dossier qui s’est greffé bon grès mal grès pour aboutir à un choc culturel, un sursaut qui n’a touché qu’une frange de spécialistes et d’acteurs impliqués dans une activité de veille. Il a touché ensuite indirectement de nouveaux contactés et des projets connexes au dossier ummite dans la sphère francophone.
Comparativement on peut se demander si l’affaire SBF constitue également un exercice de virtuosité dans l’art de constituer un nouveau modèle théorique de stimulation psychologique, d’intrusion métapsychique et de déconstruction du système de croyance personnel. Avec la disparition programmée de l’ensemble des acteurs qui agissaient sous la bannière XHM (SBF) et qui orientaient subtilement la pensée de protagonistes connus, des acteurs de second rang et finalement d’analystes qui agissaient à posteriori pour remonter le fil des actions (chronologie inversé et réflexivité).
Avec la disparition prédite du collectif SBF, c’est à dire les individualités qui agissaient sous couverture autour de lui, SBF aurait pu devenir une figure emblématique car on peut bien accorder que sa disparition était assez théâtrale. Leurs actions ainsi que leur disparition a sans doute contribué à déclencher un mouvement d’indignation et un mouvement d’interrogations refoulées jusque là et qui ont ensuite explosés au grand jour sous l’effet d’un catalyseur idéologique.
On peut tout de même constater la relative innocuité de cet impact idéologique, car il s’agissait avant tout avec la lettre du 18 janvier, avec l’énigme et le protocole de construire un terrain fertile dans lequel germerait une relecture globale de la phénoménologie ovnienne. Cela ne fut pas clairement énoncé, le message a été camouflé dans un jeu interactif abscons pour une analyse de conversation à postériori (richesse indexicale et infinitude mêlant critères personnels et biographique des protagonistes) mais plus précisément comme une amorce d’un impact idéologique sur le rôle du sens commun dans le système observateur/perceptions/environnement avec comme catalyser une figure emblématique mystérieuse qui joua le rôle de prédicateur.
C’est ce que l’on pouvait conclure en première analyse, en passant naïvement que l’opération SBF a été une opération qui a manqué sa cible puisqu’elle a été ensuite réajusté par l’apparition de nouveau apocryphe (NR), mais de l’aveu même des protagonistes de l’affaire n’est pas aussi simple puisque nous avons vu dans la foulée, la naissance d’un nouveau mouvement d’opinion plus critique bien qu’il reste bienveillant et toujours intéressé par la lecture de la prose ummite. Le revers de la médaille c’est une remise en cause de tout leadership sur ce que serait véritablement l’affaire ummo ainsi qu’un rejet de l’arrogance affiché par les experts patentés qui sur la base de démonstrations incomplètes ou instables usent plus de leur talent de persuasion que d’une véritable capacité d’autocorrection d’une axiomatique fondatrice de leur croyance. L’incapacité à intégrer de nouveaux schémas de pensées et à soumettre au débat les défaillances interne du raisonnement à constitué un nouveau cap dans l’exégèse du dossier. Refuser de reconnaître les erreurs et s’enfermer dans un discours tautologique a finalement desservi la capacité opérationnelle à constituer un véritable espace de recherche ouvert et constructif sur Internet.
L’idéologie véhiculée par l’affaire SBF même si elle trouve son fondement dans une relecture des lettres ummite a donc provoqué un chaos mais n’a fédéré aucun mouvement constitué autour de ces recommandations mais seulement incité quelques communautés à se regrouper entre elles pour étudier l’affaire car elles y trouvaient des affinités intellectuelles et des concepts qu’elles envisageaient d’utiliser à leur compte. Il n’y a pas eu cette révolution culturelle pour la recherche des moyens de coopération efficaces entre communautés disparates par l’usage de technologies et concepts dédiés (lettre du 18 janvier). Le projet était peut être utopique à moins qu’il ne préfigure autre chose.
L’idée d’une organisation d’échange intercommunautaire familiarisé à l’étude de ce qui était utile dans les lettres ummites pour réexaminer les paradigmes à la lumière des connaissances scientifiques contemporaines était une idée intéressante, tant qu’elle permettait de s’affranchir de l’ethnocentrisme et de construire des ponts entre courants de pensées différents. Par exemple pour débattre avec d’autres de ce que pourrait être une véritable acculturation extraterrestre, si ce n’est dans le pire des cas un ethnocide dans une relativité d’échelle comparativement à ce qu’il s’est passé avec l’affaire ummo ainsi qu'une étude des procédés d’une expérimentation humaine sur trois décennies et son impact micro et macrosociologique. Réfléchir sur l’opportunité de faire un appel aux destinataires et des autres moyens pour récolter des informations sur l’origine des documents pour éviter toute posture ambiguë qui mettrait à mal des relations humaines car si un appel public est lancé il pouvait difficilement fonctionner sans remettre en cause les conventions qui ont maintenu une confidentialité. Ce d’autant plus que l’effondrement par désinformation par la source du groupe de Madrid a eu lieu. Passer outre ces précautions d’usage, c’était ouvrir la porte à des incidents considérés comme imprudents et une menace de la part de ceux qui se cache derrière un paravent insondable où se déroule les manœuvres de supplétifs et les projets d’ingérence de plus en plus sophistiqués. Comment saisir alors dans ces conditions l’intérêt de l’affaire SBF et des apocryphes dans la continuité d’une intégration documentaire qui reste à construire quand le bon sens vacille et que les incidents et les provocations ne font qu’empirer ?
Comparativement à la premier génération de contactés, l’épisode de restitution documentaire et de rapprochement par Internet (sollicitations et introduction de nouveaux acteurs) n’a pas été à la hauteur des espérances et cela concerne également les tentatives de diffusion idéologiques intégrant un facteur de repositionnement et de recombinaison des croyances personnelles (post-analyse et rupture cognitive) à un niveau non perceptible et presque subliminal. C’est pour cela qu’on a vu apparaître une reformulation de cette tentative incomplète par la création d’une nouvelle mythologie des origines qui toucherait plus directement la source ummite ou indirectement la création des apocryphes et de tous les intervenants qui y sont associés (réseaux associés au assimilés à XHM, XH, 2.X).
En se mettant à la place de la source dans une prospective stratégique et de reconstitution des procédures utilisées on peut se rendre compte que la conception des stratégies de désinformation mise en place pour décomposer les communautés de contactés publiques n’a pas été sans heurts et méfiances. La source n’est pas aussi bienveillante qu’elle ne laisse paraître puisqu’elle ne se gène pas pour adopter des stratagèmes sophistiqués pour briser l’intérêt de ceux qui ont investit profondément leur confiance. Sur cela s’ajoute des épisodes plus terre à terre d’espionnage et de contrôle social, d’agences de renseignement qui trouvent aussi leur intérêts à restreindre la portée politique de ces zélotes. On finit par être découragé par cette convergence d’intérêt qui cherche à restreindre ou détruire ce qui a été crée comme une expérience de laboratoire vivant.
En se mettant à a place de l’entité SBF on constate l’effet d’escalade qui a provoqué un scandale autour d’un mode d’authentification de l’extraterrestrialité et surtout de la confusion entre experts incapables de se mettre d’accord sur un principe stable pour négocier un accord consensuel sur la manière de valider les résultats d’une enquête en dehors de toute considération personnelle. Ayant prémédité son acte SBF a délibérément introduit une porte de sortie pour des observateurs qui étaient dans la confidence (JPP et consorts) afin d’entamer une nouvelle phase de la mise en tension après la sortie brutale et la censure dont il fut victime. Les mécanismes de l'ingérence, les effets microsociologiques du scandale dans les échanges électroniques s'apparentent au Point Godwin et à la mythologie du prédicateur.
L’idéologie révolutionnaire proposée par SBF (recommandations + énigme + protocole) avait en effet peut de chance de séduire qui que ce soit. Cela nécessitait un travail de recoupement et d’intégration qui dépassait de très loin la simple lecture habituellement faite par le document ummite. Cela suscitât un intérêt modéré de la part des communautés qui n’avait pas la grille de lecture appropriée, quand aux interlocuteurs de SBF, ils ont tous quasiment fait une œuvre de récupération pour prendre à leur compte les suggestions en filtrant tout ce qui n’était pas assimilable tant ils étaient noyés dans une atmosphère surréaliste. Les opposants ont fait de même pour ne récolter que ce qui était à leur porté et alimenter des opinions contradictoires et instables juste le temps que l’affaire se tasse et que l’opinion oublie et passe à une autre actualité. Ce qui n’a pas été compris, a été vidé de sa substance pour créer une amnésie de circonstance. A cette occasion s’est déroulée une guerre de rumeurs pour tuer toute forme d’adhésion à une intervention extérieure non identifiée, qualifiée de potentiellement perturbatrice pour la ligne politique qui ne voulait pas perdre la face lorsque une incompétence a été révélé par le feu nourri des critiques sur l’accueil réservé à SBF et ensuite sur la déficience des critères de validation des documents NR-x.
De nouvelles valeurs plus conventionnelles ont ensuite été portées pour anéantir toute forme de dissidence et faire de la polémique une querelle de personnes. On ne jugeait plus le fond mais les personnes, anéantissant de fait tout effort explicatif pour résoudre les incompréhensions et les quiproquos. Chacun devait rester dans sa zone d’activité privilégiée, chacun avait son territoire et c’est ainsi que nous avons vu une phase de schisme et d’éclatement des compétences. Il n’était plus possible de construire une coopération, le terrain était miné pour longtemps et la méfiance, la suspicion, le mépris de plus en plus répandu de la part d’ummologues regroupés par chapelles, autour de leaders qui défendaient leur interprétation et leurs conceptions plus personnelles de d’exploitation du corpus.
On peut alors se demander si en définitif la situation chaotique de la réorganisation et l’apparition des divers fronts d’opposition plus ou moins permanent ne sont pas l'objectif réel de SBF. La perturbation était-elle constructive ou destructive, que reste t-il au bout de quatre ans ? (2003 à 2007)
- participation d’analystes non ufologues à l’analyse de l’affaire ummo (intéressé par SBF comme porte d’entrée)
- posture de métaconnexion et intégration interdisciplinaire de concepts philosophiques (communautés inspirés par l’affaire SBF)
- attribution de nouvelles visions du phénomène E.T. avec prépondérance à l’écart évolutif et la manifestion par un jeu de marionnettiste. JPP, C.Seval et consorts inspirés par l’épisode SBF
- positionnement moins autocentré sur les lettres et plus ouvert à l’intégration de nouvelles données ex-anthropologiques
- engagement politique critique sur la vision planétaire, posture de recul et de variance de référentiel culturel à travers d’autres catégories mentales, effort de traduction d’un espace de catégories mentale à un autre (Dx et Dy ) par une approche anthropologique plus conformes aux particularités du travail de terrain et aux contraintes cognitives
- soutien tacite à la constitution d’une contre culture électronique de résistance aux totalitarismes
- potentiel XHM révélé sur la base d’une participation à l’éveil spirituel et redéfinition du contacté et de l’ingérence E.T. sur le plan métapsychique, spirituel et cognitif
- mise en retrait des scientifiques impliqués ou intéressés, goût du secret et difficulté à les faire participer au débat, méfiance renforcée pour toute l’ingénierie sociale de manipulation mentale qu’elle provienne d’une source non identifiée, d’extraterrestres potentiels ou d’agences gouvernementales
C’était peut être l’effet escompté de cet impact idéologique transmis par SBF, bloquer les ressources personnelles sur un autre mode de perception de l’univers ummite quitte à provoquer une réaction en chaine, une prise de conscience qui conduirait à une réorganisation des communautés et une attention particulière sur de nouveaux domaines d’études.
Paradoxalement, une opération que l’on pouvait qualifier de ratage ou de pure provocation à provoqué en filigrane une succession de modifications comportementales qui ont fait boule de neige pour ouvrir des pistes supplémentaires et aider à l’interpréter d’un phénomène plus qu’insolite. Toute une frange d’observateurs en a profité indirectement, soit ils sont entrés discrètement en dissidence à la recherche de nouvelles idées pour se structurer à partir d’une remise en question, d’un doute créatif basée sur l’acquisition de nouvelles références conceptuelles. Le temps d’assimilation est très long pour passer d’un cadre conceptuel vers un autre, pour faire migrer des idées et des conceptions anciennes vers des prises de position plus modernes.
Dans ce cas on est obligé d'admettre que la manipulation SBF a porté ses fruits sur le long terme même si sur le court terme elle a été incompréhensible. Il fallait une période de latence pour comprendre et s’apercevoir des ramifications profondes de cette perturbation. Cette capacité de prévision et tout particulièrement de criblage de personnalités cibles a été faite avec un discernement qui étonne encore. Ce qui jusqu'à maintenant étonne encore c’est cette capacité opérationnelle de planification sur un court terme sur les motivations personnelles de personnalités ciblés à un instant donné avec une prévision des plus remarquables de leur évolution future.