TRANGRESSION, REVOLUTION ET MUTATION PSYCHOBIOLOGIQUE
L’enfer est pavé de bonne intention, c’est la porte ouverte à la persistance d’erreurs humaines, car elle permet de construire sur la base d’une conviction personnelle une réflexion et des pratiques qui conforteront sa propre croyance, le serpent se mord alors la queue.
Il n’est pas possible de se désengager de ses propres paradigmes mais au moins on peut assumer ses inductions et énoncer comment on utilise ses convictions dans le processus de raisonnement. Ce qui abouti à faire une sélection dans la palette des choix possibles qui conforteront les perceptions d’un problème et la manière dont on peut l’appréhender.
On ne peut pas s’affranchir de ses propres croyances comme on ne peut pas faire l’économie d’être vivant (nous sommes tous des êtres sociaux). Lorsque l’on découvre la prose ummite et que l’on fait un travail personnel qui abouti à se construire une conviction sur la base d’éléments que l’on considère comme objectifs pour soi mais qu’ils ne le sont pas pour d’autres. Il est extrêmement probable qu’une fois la conviction acquise (extraterrestrialité ou non) elle influencera ensuite le cours même de la pensée et de tout l’édifice formel qui participe à la construction d’une démarche inductive. C’est tout l’édifice des démonstrations qui est impacté puisqu’il repose sur ce monceau d’évidence indémontrable constitué par ses propres aprioris. Lorsque que la preuve n’est pas suffisamment constituée et qu’il y a place à l’indécision ou à un jugement de valeur sur des positions sujettes à interprétation, il y a potentialité d’introduction de biais dans le raisonnement. C’est ainsi que l’on délimite l’influence du sens commun dans la démarche de l’investigateur et de l’analyste, y compris dans la recherche scientifique. Une axiomatique que l’on a acquis, considéré évidente mais dont les fondements à critères variables sont considérés pour d’autres différemment peuvent aboutir avec les mêmes procédures de raisonnement à une conclusion différente d’une personne à l’autre qui au départ de la chaine de raisonnement (critère de sens commun) part avec un a priori négatif ou un doute plus enraciné.
Les ummites dans leur prose font preuve envers le lecteur de cette même défiance puisque sans cesse ils répètent qu’on l’on ne doit se méfier du sens commun, de ne pas prendre pour acquis la connaissance perceptible par nos sens mais qu’il faut accompagner la réflexion par un travail sur soi, se regarder dans un miroir et exposer au grand jour le fil des choix qui n’ont ont pas permis de construire nos convictions. Tout cela participe au doute avec comme objet la prose même que l’on essaye de prouver. Peut-on prouver ce qui est censé participer au doute constructif ? Une situation paradoxale que les ummites utilisent au fil de leur compte-rendu, la vérité ne peut venir du corpus lui-même, il faut en sortir dans un effort d’engagement personnel, une prise de recul ou une forme de détachement sur les fondamentaux de la pensée humaine. C’est avant tout une approche critique du fondement de la civilisation confronté à ses propres défaillances cognitives et en face d’un univers inconnu à découvrir et assimiler : l’existence d’un mode de pensée et d’existence au monde complètement différent est plus que jamais remise en question si on ne résout par au préalable les problèmes que soulèvent le sens commun dans la sociologie des connaissances.
Les activités de recherche ovnienne peuvent aboutir à une expertise ou une modification de la perception du réel. Il y a une construction de nouvelles stratégies de traitement de l’information ainsi qu’un transfert de connaissance pour faire de la veille technologique et utiliser des méthodes qui ont pu faire leurs preuves dans d’autres domaines. La perception de l’inconnu génère une problématique qui touche aux limites de la rationalité et balaye un vaste panorama de disciplines et de champs de connaissances.
Cette spécialisation à outrance est souvent qualifiée d’obsession pour l’étrange qui souvent reste à la limite du savoir académique ou réservée à des spécialistes. Rendre compte de ces réalités et irréalités non perceptibles pour la majorité devient un devoir d’éducation car ce qui n’est pas reconnu comme acceptable n’entre par dans la catégorie du pensable même si c’est pertinent et rationnel. Il faut avant tout rendre pensable pour pouvoir en débattre ensuite en toute liberté. De fait il existerait plusieurs niveaux de savoirs accessibles ce qui entretient une guerre des rumeurs sur la consistance d’un projet collectif de l’accès à la connaissance et plus directement sur le fonctionnement de la science dans son ensemble.
Le dossier ummo est un cas à part dans la démarche ovnienne car il repose pour une garde partie sur des rapports écrits, des représentations de connaissances et moins sur l’observation directe. Il donne une possibilité d’approfondir une capacité d’appréhension des choses, tout du moins d’une manière abstraite ou théorique sur une base scientifique. Dans ce corpus étrange qui retrace les turpitudes de la civilisation terrestre, le lecteur se retrouve en immersion avec un regard extérieur sur toutes les absurdités du monde et il aura la possibilité de construire lui-même un comparatif, comme un anthropologue qui lirait les observations d’un collègue, il constaterait les différences et l’écart évolutif entre la planète Terre et la civilisation de la planète Ummo.
Le simple fait de concevoir une présence extraterrestre dans l’environnement immédiat terrestre et qui plus est d’en imaginer les ressorts et motivations provoque invariablement une modification comportementale profonde, un changement de vision du monde, un intérêt pour une vision unitaire des problèmes planétaires.
C’est plus particulier et prononcé pour le lecteur de la littérature ummite. Il acquiert une perception extérieure et s’imprègne avec facilité de cette remise en question de ses propres références culturelles comme une prise de conscience des limites du savoir technoscientifique et cela d’autant plus facilement qu’il serait lui-même scientifique et engagé dans une démarche d’ouverture vers d’autres disciplines. Le lecteur aguerri a l’occasion d’explorer d’autres modes de pensées et de reconsidérer sa propre activité par l’immersion dans un univers théorique et imaginatif dans lequel il peut reconstruire et projeter les bases axiomatiques d’une civilisation présumée extraterrestre concurremment à une autre activité de comparaison de traduction de concepts. Les autres effets de cette prise de conscience est la vérification des graves disfonctionnements qui touchent la gestion sociale et politique du monde. Quelles proviennent de contradictions internes comme l’exploitation des faibles par les forts, la corruption, les faillites des systèmes socioéconomiques, des pulsions destructrices de l’homme, de l’inadéquation du développement technologique sur la maturité spirituelle et enfin des faillites du système cognitif humain à réguler ou contrôler les défaillances idéologiques et les bas instincts. Tous ces impondérables entrainant l’homme vers un pronostic très réservé sur le sort des écosystèmes, un déni devant le constat d’une obligation d’un changement de civilisation puisqu’il s’agit d’un défi planétaire, un défi collectif qui touche tout terrien préoccupé par l’idée de vivre dans un monde de plus en plus petit avec des ressources énergétiques, minérales, biogénétiques en voie de déclin dans un environnement surpeuplé et pollué.
Ce constat sur l’évolution du monde fait place à la révolte lorsque la prise de conscience s’amplifie par la dénonciation de l’apathie sociale. Lorsque les gens ne prennent aucune responsabilité pour s’engager et participer au changement, il y a alors chez eux un sentiment de révolte et d’impuissance qui s’il est entretenu parvient à créer un état permanent d’irritation et de défiance en rapport à un ordre social inerte qui accepte son sort et supporte de vivre dans l’inadmissible. Cette consternation porte alors sur l’absence d’initiative des gens, le fait qu’ils n’essayent pas de comprendre le monde qui les entoure, la baisse de vigilance sur les informations que leur donnent les mass media. Le fait de croire ce qu’on leur donne à penser comme si la vérité instrumentalisée suffisait à les rassurer. Une inquiétude face à ce qui ressemble à un contrôle social de la population par une déficience d’information. Il suffit que ce fait soit constaté une fois pour qu’il s’accompagne d’une interrogation au monde plus importante et d’une méfiance envers les institutions.
Passer du sentiment de révolte à celui de l’engagement ne touche qu’une minorité car l’effort personnel est considérable pour redonner le goût des responsabilités, trouver un moyen d’engager les gens dans des causes, pour qu’ils se sentent responsables et réfléchissent aux conséquences de leurs actes.
Voici une opportunité que le réseau Internet peut assumer pour aider à cette transformation quand il s’agit d’exploiter les capacités de communication électronique pour fédérer des communautés autour de doctrines ou de concepts révolutionnaires qui ne seraient pas préjudiciables pour l’individu et augmenteraient son esprit critique et sa responsabilité citoyenne. (cf. propositions SBF)
L’environnement et l’imaginaire ovniste parvienent à créer des communautés qui par effet d’influence et d’affinités peuvent gagner des cercles de réflexion moins spécialisés et ouverts au débat politique et géostratégique. Ces cercles d’influence deviennent de nouvelles tribunes politiques qui s’investissent dans l’information civique, l’information alternative, les dénonciations des conspirations et participent à l’occasion à de véritables guerres de l’information pour révéler des vérités cachées et informer un peuple plongé dans l’ignorance, et dans les cas extrêmes un activisme subversif pour investir le champ politique et trouver une voie pour faire percer la vérité. On peut alors se demander si cette pensée révolutionnaire n’est pas aussi une vengeance contre le peuple qui reste endormi.
Cette quête de vérité est un phénomène fascinant :
On y retrouve l’attrait pour une communication publique persuasive pour relancer l’intérêt d’une recherche de vérité et d’une contestation de toute information qui ne soit pas vérifiée. Une critique de l’autorité qui masque la vérité sur une conception du monde jugée trop dérageant pour l’autorité. Des contre-enquêtes pour déterminer les sources de la désinformation et du contrôle social, un gout pour dévoiler les secrets cachés du phénomène ovnien.
Le dossier ummo n’a jamais eu pour vocation de se diffuser à large échelle et n’a pas été construit pour provoquer un mouvement d’opinion qui prendrait de l’ampleur dans la société. C’est pour en contrôler cet aspect qu’a été mise en action une capacité de confinement et de cloisonnement assez intriguant. La source ummite se réveille dès qu’elle perçoit une menace qui irait en contradiction avec son plan général d’intervention microsociale et plus particulièrement celui ou la connaissance du dossier ummo induirait un facteur de perturbation qui ne serait pas prévisible et n’entrerait pas dans leurs prérogatives. Ils préféreront alors dissoudre les mouvements publiquement connus et effondrer les structure de contactés existantes et se focaliser sur les individualités isolés pour les orienter vers des activités plus discrètes.
Cette préoccupation pour l’ordre publique et le maintien d’une norme politique devient aussi une obligation institutionnelle pour les états et les centres de pouvoirs. Paradoxalement ils se retrouvent des points communs avec la source E.T. mais avec une arrière pensée totalement différente puisqu’il s’agit de dissimulation. D’où la création et le maintien d’offices de répression des dérives d’activistes révolutionnaires, pour se prémunir de la probabilité d’apparition d’un mouvement contestataire important autour du problème ovnien, de la surveillance de leader charismatique incontrôlable dans la capacité de subversion serait si forte qu’elle serait une menace pour la sécurité nationale et la défense du territoire.
On peut alors se demander si ce risque révolutionnaire, considéré comme une perturbation par acculturation (ethnocide, choc culturel) pour les extraterrestres et de l’autre comme une contestation sociale pour les gouvernements, ne se retrouve pas dans l’idée qu’il est préférable de traiter avec des consommateurs dociles plutôt que d’agitateurs d’opinions incontrôlables :
- contrôle social ciblé sur des catégories de population à risque et surveillance des agitateurs pour les centres de pouvoirs qui ont peur qu’une minorité active renverse la structure de décision, perturbe fortement les institutions et l’ordre publique.
- intrusion dans l’espace mental et d’interaction sociale du contacté et des communautés spécialisées pour en faire soit des alliés, soit des cobayes que l’on utilisera jusqu’au terme d’un protocole expérimental. Contrôle du risque de propagation du risque ethnocidaire et contrôle de toutes les démonstrations de preuve qu’elles soient localisées dans un espace réduit ou une population limitée (militaire, observateurs civils, aéronefs, recherche institutionnel sous le contrôle étatique).
SBF dans sa figure mythologique liée à une identité suggérée par la décomposition de son nom, porte en lui la métaphore de la confrontation à double tranchant, à la fois destructive et constructive. Elle fonctionne comme une exploration et la combinaison de 3 univers de références culturelles incidemment suggérés par les acolytes et les analystes de l’affaire.
SETH = Seth est une divinité guerrière de la mythologie égyptienne. Jacques Castagliola, après la diffusion de la lettre du 18 janvier qui a provoqué un émoi, a fait une remarque pertinente sur cette symbolique mythologique. Il a ensuite donné une liste d'arguments sur les différentes libertés que la source peut employer pour faire passer une information en utilisant des intermédiaires, en jouant les illusionnistes tout en bloquant les tentatives d'investigation pour remonter les filières et les contacts.
(http://fr.wikipedia.org/wiki/Seth) : Par Seth grondent les orages, il s'oppose toujours à l'harmonie des choses et des arrangements, il est la force brûlante, capable de détruire toute forme de vie. C'est l'un des dieux les plus complexes et ambigus ; les mythes relatifs à Seth le dépeignent comme un dieu ambitieux, comploteur, manipulateur, quand il ne se résume pas tout simplement à un assassin.
Seth est aussi le nom d’une entité désincarné de l’univers de la conscience collective : (http://en.wikipedia.org/wiki/Jane_Roberts)
L'acolyte de SBF, Duncan en fait explicitement référence en 2003 dans un postage privée (cf. lien postage Duncan) à propos de l'existence d'un univers des âmes et de conscience planétaire en répondant à des questions ouvertes :
"... une source d'information exoanthropologique publie en 4 tomes concernant les conceptions spirituelles et mystiques et d'échanges interdimensionels. Sur la cosmogonie expliquée et interprétée par le référentiel culturel d'une entité de l'univers des âmes planétaire. L'auteur est Jane Roberts, medium télépathe d'origine américaine décédée .Les 2 premiers tomes disponibles en France aux éditions J'ai Lu, les autres par une édition canadienne en France."
BRUNDLE = Le scientifique qui se voue avec passion à la recherche d’un moyen de téléportation Son ambition est de dépasser les limites de la science et de s’affranchir des conventions. C’est l’histoire d’un véritable génie, en instance de découverte d’un moyen révolutionnaire de déplacement. Il en vient dans sa précipitation à commettre une erreur, un horrible accident qui le transformera en une créature hybride. Dans une course poursuite pour interrompre le processus de métamorphose biogénétique, il changera progressivement de mode de vie et de pensée car instinctivement il se métamorphose en quelque chose d’autre qui ne connaît pas et n’a jamais existé auparavant. Il devient un monstre avec des références et des motivations propres. Il perd de vue sa moralité, victime d’un mal étrange qui le dépasse, il finira par s’autodétruire en voulant inverser le processus. (http://en.wikipedia.org/wiki/Seth_Brundle)
FLY = L’objet volant non identifié (on retrouve le terme inusité "Flying Saucer" dans les origines de la culture ovniste). Le corps étrange, inconnu et non remarqué qui provoque la métamorphose de Brundle. Un être vivant avec des valeurs et une identité qui ne sont pas compatibles avec les nôtres. L’exocivilisation qui utilise une technologique hors norme et des moyens inimaginables.
C’est tout le potentiel du réseau XHM qui est suggéré, le triptyque fonctionne comme facette d’un même corps qui apparaît et disparaît selon ses besoins.
SBF dans son activité ambiguë à la limite des connaissances en cours, se joue des observateurs, prêt à provoquer des drames s’il le fallait pour parvenir à ses fins. Son objectif n’est pas connu. Il lance un avertissement informel dont la grille de lecture n’est pas clairement énoncée, il faudra regrouper les impressions vécues par différents interlocuteurs pour reconstituer un message caché. Il diffuse des idées qui seront les déclencheurs d’un processus de changement intérieur et de découverte de nouveaux paradigmes.
La référence implicite à la mutation psychobiologique produite par un corps étranger qui n'est pas perçu et qui modifie la structure de la personnalité. C’est le risque de déséquilibre et de décomposition du système de pensée par intromission d’un corps étranger à l’espèce humaine. Sans modification structurelle profonde pour introduire une correction stabilisatrice, cette mutation produira fatalement une monstruosité et donc un effondrement. La recherche de la connaissance doit permettre de trouver une solution de sauvegarde sinon c'est l'auto-anéantissement.
Nous retrouvons l’idée du changement nécessaire et destructeur qui est à la fois
- une menace indirecte car porté par l’individu et la civilisation
- directe car fruit de la collision dans l’espace de l’intimité de catégories de connaissance non humaine et venant d’un autre monde.
La menace indirecte est subtile, elle est à double tranchant, d’un coté l'effet de puissance et de grandeur, de l'autre le pacte avec les effets secondaires destructeurs de l'identité qui à terme conduisent à voir le remède pire que les maux initiaux
La menace directe est phénoménologique, liée à l’incapacité d’assimilation d’un corps étranger qui provoquera une destruction des fondements de la connaissance et de tout le patrimoine culturel.
Nous avons deux conséquences :
- la création d’un potentiel d’hybridation qui fera la jointure des deux systèmes biogénétiques différents, à un corps étranger vu comme une menace. On ajoute une capacité de mutation supplémentaire qui créera une nouvelle entité plus stable et prompte à absorber le changement. C’est la méthodologie de raccordement génétique, avec une dissociation et reconstitution des concordances.
- la création d’un mode de perception multidimensionnel plus étendu ainsi que la recherche de paradigmes qui ne subissent pas les contingences d’un ethnocide, résistent à l’acculturation et à la mixité des civilisations.